Le site de Madeleine et Pascal

Sravanabelgola

Un haut lieu de la tradition jaïne
15 août 2014, par Madeleine, Pascal
 

Le jaïnisme, dont la tradition se perd dans la plus haute antiquité, compte près de six millions de fidèles, ascètes et laïcs confondus, en majorité en Inde.

Dans le jaïnisme, le but de la vie est le même que dans l’hindouisme, le bouddhisme et le sikhisme. Le croyant doit atteindre l’illumination ou nirvana et sortir du flux perpétuel des réincarnations ou samsara par des choix de vie comme la non-violence ou ahimsa. La prière, la méditation et le jeûne sont également des pratiques jaïnes. Les maîtres éveillés, moteurs spirituels de cette religion, sont dénommés les tirthankaras, en sanskrit, « les faiseurs de pont ». Ils ont enseigné, bien avant notre ère, les principes du jaïnisme et le chemin de purification que doit suivre le fidèle afin d’atteindre l’illumination.

Vue sur la ville, son bassin sacré et la colline de Chandragiri située en vis-à-vis d’Indragiri

Sravanabelgola est un très important lieu de pélerinage jaïn. On y vénère une gigantesque statue monolithe de Bahubali, considérée comme la plus grande statue monolithique au monde. Elle date du Xe siècle et se trouve au sommet d’une colline de granite escarpée, Indragiri, aux flancs de laquelle un complexe a été édifié au cours du XIIe siècle.

La légende de Bahubali

Selon la légende, Bahubali était le fils d’un roi d’Ayodhya qui avait terminé sa vie en ascète, devenant ainsi le premier des Tirthankaras. Après avoir affronté victorieusement son frère ainé en combat singulier pour la succession au trône, Bahubali décida de ne pas profiter de la victoire mais de faire retraite sur une haute colline pour y méditer sur la vanité du monde.

Au fil de l’ascension

Les divers édifices rencontrés montrent des thèmes iconographiques (l’ondoiement de Lakshmi) ou des éléments décoratifs (par exemple l’emploi de rayures verticales rouges et blanches pour signaler un lieu sacré) qui sont communs avec ceux de l’hindouisme.

Le style de certaines sculptures évoque aussi plus spécialement l’art des Hoysala qu’on trouve à Somnathpur, Belur ou Halebid.

Au sommet

La statue, impressionnante de force et de sérénité, est nue, tout comme le sont dans l’obédience Digambara, les ascètes jaîns errants "vêtus de ciel". La statue témoigne du détachement de Bahubali vis-à-vis des contingences terrestres : l’ascète est indifférent aux lianes qui croissent le long de ses membres et à la présence d’un serpent à ses pieds.

Le culte à la statue est rendu par un brahmane hindouiste.

Une galerie sous colonnes fait le tour de la plateforme sommitale, ornée par les statues des Tirthankaras.


Article mis à jour le 29 juin 2015