Le site de Madeleine et Pascal

Deir el-Bahari

Le temple funéraire d’Hatchepsout

7 novembre 2020, par Madeleine, Pascal

Le site de Deir el-Bahari est celui d’un vaste amphithéâtre au pied de la montagne thébaine, face à Louxor.

L’endroit servit de nécropole dès le Moyen Empire : les Montouhotep, souverains de la XIe dynastie, y avaient édifié leurs propres temples funéraires, dès les XXIe et XXe siècles.

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Mais c’est surtout le temple funéraire d’Hatchepsout, fille de Thoutmôsis Ier que l’on retient. Elle fut grande épouse royale de Thoutmôsis II, fils du précédent et d’une épouse secondaire, lequel ne régna que treize ans et elle exerça ensuite la régence auprès de son neveu, le très jeune Thoutmôsis III, fils de Thoutmôsis II et d’une épouse secondaire.

C’est durant cette régence qu’elle se fit couronner pharaon de la XVIIIe dynastie. Elle confia vers 1455 av. J.-C. la construction de son temple funéraire à l’architecte Sénènmout. Celui-ci édifia en une quinzaine d’années un temple qui devait rester unique dans l’architecture égyptienne. La reine souffrit par la suite d’une damnatio memoriae, peut-être dès la fin du règne de Thoutmôsis III ou un peu plus tard. Il s’ensuit que nombre de représentations et de cartouches qui la concernent ont été martelés.

Le temple des millions d’années d’Hatchepsout se distingue des temples classiques constitués de pylônes et de cours par le fait que les pylônes y sont remplacés par des portiques et que les cours sont de simples terrasses étagées reliées par des rampes. On conçoit que les premiers visiteurs grecs de l’Égypte antique aient pu trouver ici l’inspiration qui les conduisit à développer leurs premiers portiques.

Vue d’ensemble du temple funéraire d’Hatchepsout

À partir de l’époque chrétienne, le temple fut protégé des dégradations et destructions par l’installation d’un couvent copte dans son enceinte. Ce couvent est à l’origine du nom arabe du site : Deir signifie en effet "monastère".

La photo suivante est une vue rapprochée qui situe, en rouge, quelques-unes des parties de l’édifice. On y a également signalé, en bleu, les ruines du temple de Montouhotep II.

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Au niveau inférieur

Le portique du niveau inférieur est constitué dans sa partie sud (c’est-à-dire à gauche de la rampe) par une galerie dont les peintures évoquent une expédition à Assouan. Celle-ci avait pour objectif de rapporter, grâce à une flottille de vaisseaux, deux obélisques monolithes de granite taillés aux carrières d’Assouan qui étaient destinés au temple de Karnak.

Le décor en trois registres qu’on voit ci-dessous montre en particulier deux niveaux de barques.

L’expédition aux carrières d’Assouan


  • Ici, les ouvriers se passent des blocs de (...)
  • Le roi effectue une course rituelle
  • En commençant à s’élever : vue vers la partie (...)
  • À l’extrémité nord du portique : un pilier (...)
  • La partie supérieure des colonnes, dépourvues (...)
    Le décor a été martelé

Le niveau intermédiaire

Après avoir gravi la première rampe on aboutit à une terrasse au fond de laquelle se trouve le portique intermédiaire, lui-même surmonté du portique supérieur. Sur la photo ci-dessous, on aperçoit à droite, quelques-unes des colonnes de la chapelle d’Anubis. En revanche, la chapelle d’Hathor n’est pas visible.

Le portique intermédiaire dominé par le niveau supérieur

Le portique de l’expédition au pays de Pount

Ce portique à double colonnade est orné de peintures qui représentent une expédition qui eut lieu sous le règne d’Hatchepsout ; en direction d’un pays de cocagne, peut-être situé dans l’actuelle Somalie. Il s’agissait de s’y procurer des végétaux et diverses richesses parmi lesquelles de l’or, de l’ivoire, du bois d’ébène, des peaux de panthère, des animaux, des parfums et des huiles, mais surtout de l’encens, qui était abondamment utilisé dans les cérémonies du culte.

  • La colonnade de cette galerie est double
  • La corniche du portique de Pount
  • Scène d’offrande : une silhouette martelée, (...)
  • À nouveau une scène d’offrande dont un personnage

  • Dans ce pays à la végétation luxuriante, des (...)
  • Mesure des grains dont on s’approvisionne
  • Au-dessus des montagnes, les arbres du pays (...)
  • Troupeaux, panthères et girafes

La chapelle d’Hathor

La chapelle d’Hathor se trouve à l’extrémité sud de ce portique. Sa façade, dont on ne voit ci-dessous qu’une partie, montre le lien sacré qui unit la reine à la déesse.

Sur la façade la vache Hathor sort d’une chapelle pour lècher la main d’Hatchepsout


  • Les colonnes de la salle hypostyle et, au (...)
  • Sur le pilier du premier plan pilier, Horus (...)
  • Tête d’Hathor sur un pilier prismatique
    Photo avril 2000
  • Tête d’Hathor sur une colonne cylindrique
    Photo avril 2000

  • Sous une galerie, la même scène que sur la (...)
    La silhouette de la reine a été martelée
  • À nouveau Hathor qui sort d’une chapelle
    Le collier qu’elle porte sur toutes ces (...)
  • Procession
  • Scène rituelle
  • Festivités en l’honneur d’Hathor

La chapelle d’Anubis

À l’opposé de la chapelle d’Hathor, l’extrémité nord de la terrasse est occupée par une chapelle dédiée à Anubis. La partie principale en est une salle hypostyle ornée de peintures aux couleurs très bien conservées.

  • À l’arrière-plan à gauche sur la photo, la (...)
  • Sous un plafond étoilé, des colonnes prismatiques à
  • Au-dessus d’une niche située dans le mur nord, (...)
  • Décor des architraves en direction de l’entrée
    Au premier plan à droite : deux cartouches (...)
  • Sur cette architrave, la frise représente, de (...)
    La déesse cobra Ouadjet, protège la Basse Égype (...)
  • Sur le mur sud, Anubis, à gauche d’une (...)
  • Au-dessus de cette niche, Osiris et, à droite, (...)
  • Sur le mur sud, Rê Horakthy
  • Détail de la frise

  • Sur le mur du fond : Anubis devant une table (...)
  • Une scène symétrique : Amon devant une table (...)
  • Au-dessus de la porte du sanctuaire : (...)
  • Un coup d’œil vers la partie supérieure du (...)

Le niveau supérieur

Le troisième portique est gardé par des statues osiriaques de la reine.

On arrive sur une vaste terrasse au fond de laquelle se trouve le sanctuaire d’Amon-Rê.

La salle est un reposoir de la barque d’Amon-Rê qui transportait, depuis Karnak, lors de la grande fête de la vallée, un naos renfermant une statue de la divinité venue visiter les temples de millions d’années de la rive gauche.

  • Le sanctuaire d’Amon-Rê avec, au fond, le Saint (...)
  • Offrande devant la barque d’Amon-Rê dont (...)
  • La proue de la barque d’Amon était ornée d’une (...)
  • Table chargée d’offrandes

  • Détail de la frise qui surmonte la scène, juste (...)
    Ce motif résulte de la stylisation d’une botte (...)
  • En quittant le sanctuaire

Dernier regard sur le cirque de Deir el-Bahari

En l’an 2000, lors de notre première visite, le billet d’accès au site avait un intitulé un peu étonnant…

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Article mis à jour le dimanche 15 novembre 2020