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La tombe de Ramosé, dans la Vallée des Nobles

3 novembre 2020, par Madeleine, Pascal

Ramosé fut gouverneur de Thèbes et vizir sous la XVIIIe dynastie, tout d’abord sous le règne d’Amenhotep III puis sous celui d’Amenhotep IV qui prit par la suite le nom d’Akhenaton.

Sa tombe se trouve dans la nécropole de Cheikh Abd el-Gournah, entre la Vallée des Rois et la Vallée des Reines, dans un site qu’on désigne également sous le nom de Vallée des Nobles.

La tombe est remarquable par ses décors gravés et peints où coexistent le style classique et le style amarnien.

La partie principale du tombeau est une vaste salle hypostyle.

La salle hypostyle

Sur le mur qu’on voit sur cette photo apparaît une scène peinte : c’est le cortège funéraire.

Le cortège funéraire

Le cortège funéraire

Le cortège funéraire est peint sur le mur gauche de la salle.

La fin du cortège apparaît sur la photo qui précède. Au registre supérieur, on distingue un coffre à couvercle bombé, déposé sur une barque qui repose dans un traîneau. Un autre coffre plus grand se trouve plus à droite, lui aussi déposé dans une barque. L’un de ces coffres est sans doute destiné aux vases canopes.

Un des coffres, transporté sur une barque posée sur un traîneau


Détail du décor : des paires de piliers djed alternent avec des paires de nœuds d’Isis
Détail du décor : des paires de piliers djed alternent avec des paires de nœuds d’Isis

Un examen attentif des coffres montre que leur décor est constitué de la juxtaposition de paires de piliers djed alternant avec des paires de nœuds d’Isis.

C’est le même décor que celui qu’on a pu admirer au musée égyptien du Caire sur le coffre-chapelle extérieur qui renfermait le sarcophage de Toutankhamon (vignette reprise ci-contre).

Au registre inférieur, le cortège funéraire transporte le mobilier destiné au tombeau. La photo suivante en montre un détail.

Transport du mobilier funéraire

Dans ce mobilier, on identifie de gauche à droite

  • un lit funéraire à pattes de lion, avec son appui-tête de forme caractéristique. Il est porté par deux serviteurs dont l’un brandit un éventail tandis que l’autre porte un panier tressé.
  • quatre coffres à couvercle bombé, chacun tenu par un serviteur. Ils contiennent peut-être des ouchebtis.
  • une chaise rembourrée qu’un serviteur maintient d’une main sur ses épaules tandis que, de l’autre main, il porte une palette de scribe.
  • deux paires de jarres, chacune sur un support, tenues par un serviteur dont les deux bras sont levés. Deux de ces vases sont en pierre incisée, tandis que les deux autres sont peut-être en bois et portent un couvercle : peut-être renferment-ils des onguents.
  • une paire de vases à couvercle sur un support, peut-être deux vases canopes. Le serviteur les porte bras tendus en avant. Sous le support pend une paire de sandales.

À l’extrême-droite de la scène, on distingue les bras des pleureuses qui se lamentent en avant de ce cortège de serviteurs, tournées vers le mobilier funéraire. On les voit mieux sur les photos qui suivent où il apparaît aussi qu’elles sont précédées d’un autre groupe de femmes tournées dans le sens de la marche et qui se jettent de la poussière dans les cheveux.

  • Les pleureuses tournées vers le mobilier (...)
  • Les pleureuses précédentes : détail
  • D’autres pleureuses, en tête du cortège

Le banquet funéraire

(Le banquet funéraire : Ramosé et son épouse)
Le banquet funéraire : Ramosé et son épouse

Le banquet funéraire est représenté sur le mur du fond. C’est une scène gravée.

Le bas-relief ci-contre est de style tout à fait classique et d’une grande finesse. C’est une partie de la scène qui représente le banquet funéraire.

Le couple est celui de Ramosé et son épouse. Tous deux assis, les époux sont vêtus de légères tuniques de lin à manches courtes. Coiffés de perruques bouclées, ils portent un lourd collier.

L’épouse tient une fleur de lotus.

D’autres couples appartenant à la même scène sont représentés ci-dessous autour de la table du banquet. Parmi eux, les parents de Ramosé et un couple d’amis du défunt.

On voit aussi sur les photos qui suivent les victuailles apportées par les serviteurs qui officient lors du banquet.

  • Des serviteurs apportent le nécessaire pour le (...)
  • Un autre couple : coiffée d’une lourde perruque (...)
  • Encore un couple : elle tient une fleur de (...)
  • D’autres serviteurs apportent des canards, des (...)

Libations sur la statue de Ramosé

Un relief d’inspiration amarnienne

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La période amarnienne (1353–1336 av. J.-C.) tire son nom de celui de la nouvelle capitale fondée par Akhenaton et aujourd’hui dénommée Tell el-Amarna. C’est l’époque d’une révolution théologique amorcée dès le règne d’Amenhotep III et imposée par son fils et successeur Amenhotep IV, devenu par la suite Akhenaton. Politiquement parlant, il s’agissait d’affaiblir le clergé d’Amon, trop puissant à Thèbes, en mettant en avant une divinité supérieure imposée par le roi : Aton, une des manifestations du disque solaire.

Ce changement théologique s’accompagna d’une évolution stylistique. L’art de cette période remit en cause les canons artistiques en vigueur depuis des siècles en mit en avant la relation entre la divinité suprême et le vivant. Le style amarnien, né sous Amenhotep III, se développa surtout sous le règne d’Akhenaton et essentiellement dans sa nouvelle capitale.

Les scènes gravées de style amarnien mettent en scène la relation entre le monde des vivants et l’astre solaire : celui-ci domine toujours la représentation et inonde de ses rayons aux mains bienfaitrices les tableaux ainsi composés.

Le relief ci-contre, dont une grande partie est malheureusement dans l’ombre est une scène où apparaît effectivement la divinité suprême Aton sous la forme du soleil qui dispense ses bienfaits sous la forme de rayons terminés par des mains.

Une tombe inachevée

La tombe ne fut cependant pas terminée : Ramosé l’abandonna pour se faire construire un autre tombeau dans la nouvelle capitale créée par Akhenaton, l’actuelle Tell el-Amarna.

Néanmoins, des dessins ou gravures qui ne sont qu’esquissés révèlent des choses intéressantes sur la technique du dessin et les sujets abordés.

  • La partie droite de la salle, inachevée
  • Le tracé s’appuie sur un carroyage de la (...)
  • Un ensemble de profils plutôt égyptiens
  • Des profils lybiens et nubiens (scarifiés) à (...)


Article mis à jour le vendredi 20 novembre 2020