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Les édifices de Virignin

Bulletin municipal de juillet 1992 et de février 1993
5 octobre 2017, par Raymond Vanbrugghe
 

Église actuelle

Le compte-rendu du conseil de fabrique du 8 avril 1853 fait état de l’urgence d’une nouvelle construction. À vrai dire, dès 1847, le projet avait été pris au sérieux. Il était même en bonne voie, après de longues et difficiles négociations avec la commune de Brens, pour fixer le taux de sa participation (annexe de Belley jusqu’en 1807, Brens était, depuis, rattachée à Virignin "pour le spirituel").

Grâce à la générosité de plusieurs donateurs pour le terrain (église et cure), grâce à l’activité du maire Eugène Cullet et à sa bonne entente avec le comte Charles-Henri Philibert de Seyssel qui apporta à lui seul une contribution de 4 000 francs or et assura la trésorerie, grâce aussi au produit d’une souscription pour laquelle les paroissiens eurent le choix entre un apport en espèces ou en journées de travail, le projet aboutit et la nouvelle église, placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge et le patronage en second de saint Blaise, fut bénie le 13 mai 1855 en présence du sous-préfet, de l’inspecteur des douanes et d’un important détachement de la garnison de Pierre-Châtel.

En 1894, les baies furent garnies de vitraux, œuvres d’un maître-verrier grenoblois de bon renom (actuellement en cours de restauration).

Croix des chemins et du cimetière

Plusieurs croix rappellent des "missions" ou des "jubilés" : croix de pierre à Virignin (jubilé de 1851) ; croix de fer forgé sur fût et socle de pierre à Lassignieu (jubilé de 1858) ; croix de pierre au Dérupt (mission de 1877). La croix du cimetière actuel repose sur un socle provenant de Saint-Blaise.

Édifices civils publics

Mairie-École

C’est sur injonction du préfet que le conseil municipal se saisit, en 1902, du problème posé par la vétusté des locaux scolaires utilisés alors (écoles de garçons à l’emplacement du bureau de poste, école de filles sur le même trottoir, trois maisons plus haut).

Le projet risquant de s’enliser sur une question de localisation, chaque quartier, selon l’usage, lisant midi à son horloge, l’administration départementale fit valoir ses vues avec une netteté suffisante pour ramener les pétitionnaires au sens de l’intérêt général : là où on avait jugé bon de placer l’église, là on mettrait l’école. Ainsi fut fait et, toujours selon l’usage, on fit une mairie-école. L’inauguration des bâtiments scolaires eut lieu au cours de l’été 1907, en présence de 55 élèves.

Cité du Vernet

Des constructions implantées par la CNR pour son personnel pendant le creusement du canal de dérivation du Rhône et la construction de la centrale de Brens-Virignin ont été reprises par la commune après achèvement de ces grands travaux.

Réaménagées et agrandies, elles accueillent en deux salles spacieuses les familles et les associations pour des banquets et des manifestations diverses. Les Belleysans ne sont pas les derniers à en profiter. Court de tennis, stade de football et terrain de pétanque complètent ces installations.

Fours banaux

Chaque hameau avait un four. Restent ceux de Lassignieu, du Mollard, des Champagnes (aujourd’hui propriété privée), du Revoiret et de Virignin. Celui de Lassignieu est chauffé une fois l’an, le dernier dimanche de juillet, pour la fête du four organisée par les sapeurs-pompiers. Les galettes qu’ont y cuit, préparées dans le plus grand respect de recettes ancestrales, sont très renommées.

Édifices civils privés

Château de Montarfier

Ce très ancien château, dont on sait qu’il était possédé en 1500 par Claude de Corveys, juge-mage du Bugey, a été reconstruit vers 1760. Il fut notamment la résidence du maire Eugène Cullet. Son parc s’enorgueillit du plus beau cèdre centenaire de la région.

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Château de Lassignieu

Le fief appartenait aux Dunand en 1608 et en 1674. Les terres de culture qui ont formé le vaste parc entourant le château actuel étaient autrefois traversées par l’ancienne route de Belley à Saint-Blaise. Le citoyen Maupetit, négociant à Lyon, qui possédait cette terre en 1800, obtint de la commune, contre compensation, un premier détournement de la route pour isoler ce qui était destiné à devenir le parc d’une propriété de plaisance. La famille de Seyssel-Cressieu, qui acquit la propriété en 1815 et fit construire le château actuel, fit établir à ses frais un autre tronçon de chemin à l’extérieur de l’enceinte pour libérer totalement le parc de la circulation. Actuellement la propriété appartient à l’ADAPEI qui y a aménagé un centre résidentiel.

Maison Léon Bel

À Lassignieu toujours, la maison de Monsieur Léon Bel est considérée comme ancienne propriété des Chartreux. Le toit, qui a conservé ses pignons à lauzes, est supporté par une très belle charpente en chêne. À l’intérieur du vestibule, les portes s’encadrent dans des chambranles à linteaux en accolade, datés du XVe siècle. L’accès de l’étage se fait par un large escalier du XVIIIe siècle.

Maison du Content

Aux Champagnes, la maison du Content appartenait sous la Révolution à Jacques Antoine Bernier, qui fut d’abord procureur de la commune, connut la prison pour tiédeur républicaine fin 1793, administra à nouveau la commune à partir de fin 1795, d’abord avec le titre d’agent municipal, puis, de 1800 à 1819, avec le titre de maire. Pendant tout ce temps, sa maison du Content servit de mairie. Les propriétaires actuels s’emploient à restaurer cette bâtisse du XVIIIe siècle qu’on ne visite pas. On pourra, au passage, admirer l’auvent du portail, très curieux travail de charpente.

Manoir du Goulet

Cette maison forte, située à une centaine de mètres du Rhône, était occupée en 1650 par Noble Marin des Balmes, seigneur du Goulet, lieutenant au fort de Pierre-Châtel, qui avait épousé une Duport. En 1689, Jean-Louis Duport, lourdement endetté, vendit le Goulet et les terres qui en dépendaient à l’ordre de Malte pour 8 000 livres dont 6 000 allèrent tout droit dans l’escarcelle de ses principaux créanciers, les chartreux de Pierre-Châtel. En 1764, le Goulet était le siège du "poste des gardes de France" qui devait surveiller le Rhône depuis la grosse tour ronde placée à l’angle sud-est de l’enceinte. À la Révolution, le Goulet fut acheté comme bien national par Pierre Brevard, qui fut officier public de la Commune. On date sa construction des XVe et XVIe siècles. À l’intérieur sont conservés en l’état primitif, au rez-de-chaussée, une salle voûtée, deux cheminées et l’escalier, à l’étage, un plafond à caissons qui serait du XVe siècle.

Autres constructions dignes d’intérêt

Le long du chemin du Village, à Virignin, il faut signaler comme liées à l’histoire de familles de grands notables belleysans :

  • la maison Cyvoct,
  • la maison Récamier,
  • la maison Novel, ancienne maison fermière de la précédente, restaurée par M. Léon Armand, qui lui a bien conservé son caractère, en respectant notamment ses pignons à lauzes.

À signaler encore dans le voisinage :

  • la maison Janton, également restaurée par M. Léon Armand : maison de vigneron typique.

Sous le chemin de Pierre-Châtel, on remarquera :

  • le cellier de la Remondière (maison Maret) a appartenu aux Duport dont le blason timbre la porte d’entrée, puis à l’ordre de Malte.
  • le cellier des Étables, anciennement aux Chartreux, au centre de leur domaine viticole. À l’origine, le terme stabula s’est appliqué à des gîtes d’étape.

  • la grange du Cry qui fera l’objet d’un article dans le prochain bulletin [1].

Documentation rassemblée par Suzanne Sallaz et Raymond Vanbrugghe.

[1Une très instructive conversation avec le propriétaire actuel, Monsieur Sincère Carpin a été déclenchée par l’appellation grange du Cry, que nous avons employée, Monsieur Carpin n’ayant pas le souvenir d’avoir passé ses premières années dans une grange. Nous précisons donc que, sous l’Ancien Régime, une grange était une propriété noble (civile ou ecclésiastique) gérée par un granger. Ainsi trouve-t-on dans les archives paroissiales de Saint-Blaise (cahier de La Balme), en 1654, un Pierre Guichert, granger de Robeson, grange de Monsieur Duport. Nous reviendrons dans un prochain bulletin sur les intéressants renseignements qu’a pu nous donner M. Carpin sur l’histoire du Cry.


Article mis à jour le 24 octobre 2017