Le site de Madeleine et Pascal

Accueil > Nos racines > Virignin > L’église Saint-Blaise de Virignin

L’église Saint-Blaise de Virignin

13 novembre 2006, par Raymond Vanbrugghe
 

Article tiré du préinventaire des "Richesses touristiques et archéologiques des communes rurales du canton de Belley" (1994) par Raymond Vanbrugghe, ancien maire de Virignin (Photos complétées le 5 décembre 2007).

Cliquez sur les liens (en couleur) ou sur la photo pour voir les illustrations.

Histoire

Le traité de 1601, qui attribuait le Bugey à la France, avait fait de la paroisse de Saint-Blaise, territoire de La Balme compris, une paroisse française. Le traité de Turin, en 1760, restitua La Balme aux Etats sardes, sans qu’il en résultât de division de la paroisse. L’amputation fut l’œuvre de la Révolution et, dès 1793, on parla de déplacer l’église qui, dès lors, se trouvait totalement excentrée par rapport au territoire desservi.

L’idée étant dans l’air et à maintes reprises remuée, on n’entretint plus la vieille église ni la cure attenante et les bâtiments étaient en bien mauvais état quand, en 1846, l’abbé Gamet fut nommé curé.

Le jardin de la cure était autrefois séparé du cimetière par une rangée de mûriers que le curé avait été autorisé à y planter pour subvenir aux besoins du luminaire de l’église. Encore au début du XXè siècle, quelques familles de la commune tiraient un revenu de l’élevage du ver à soie.

Description

Généralement datée du XIIe siècle, elle n’était pas voûtée. La nef, pavée de pierres tombales portant des millésimes répartis sur une dizaine d’années autour de 1730, est flanquée d’une petite chapelle de style flamboyant, assez bien conservée.

Etat actuel de l’église
Etat actuel de l’église

L’église est actuellement inutilisée et abandonnée. Elle comprend une abside carrée qui semble avoir été aménagée au XVIIIe siècle, ou plus probablement au XIXe avec des décors en staff (plafond sur liteaux, corniche, murs). L’arc de communication avec la nef a été muré et percé d’une simple porte.

La nef (environ 12 m sur 7) possède un plafond plâtré qui tombe en ruine ; elle est éclairée par deux fenêtres carrées au nord et une au sud ; à l’extérieur, on devine au dessus de la fenêtre nord la plus proche du choeur une petite baie étroite murée qui pourrait être romane.

Sur le côté sud de l’église s’ouvrait une chapelle latérale, mais son arc en plein cintre a été muré. Elle est gothique (XVIe) avec croisée d’ogive, dont la clef manque, et arcs formerets ; les branches d’ogive ont pour section deux cavets. La fenêtre en plein cintre semble plutôt XVIIe-XVIIIe.

Mobilier

L’église actuelle

Le compte-rendu du conseil de fabrique du 8 avril 1853 fait état de l’urgence d’une nouvelle construction. A vrai dire, dès 1847, le projet avait été pris au sérieux. Il était même en bonne voie, après de longues et difficiles négociations avec la commune de Brens, pour fixer le taux de sa participation (annexe de Belley jusqu’en 1807, Brens était, depuis, rattachée à Virignin " pour le spirituel ").

Eglise actuelle
Eglise actuelle

Grâce à la générosité de plusieurs donateurs pour le terrain (église et cure) ; grâce à l’activité du maire Eugène Cullet et à sa bonne entente avec le comte Charles-Henri-Philibert de Seyssel qui apporta à lui seul une contribution de 4 000 francs or et assura la trésorerie ; grâce aussi au produit d’une souscription pour laquelle les paroissiens eurent le choix entre un apport en espèces ou en journées de travail, le projet aboutit et la nouvelle église fut placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge et le patronage en second de saint Blaise. Elle fut bénite le 13 mai 1855 en présence du sous-préfet, de l’inspecteur des douanes et d’un important détachement de la garnison de Pierre-Châtel.


Article mis à jour le 7 mars 2016