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L’église Saint-Blaise de Virignin

13 novembre 2006, par Raymond Vanbrugghe
 

Cet article relate l’histoire de l’ancienne église située près du Rhône et remplacée depuis 1855 par l’église actuelle, au centre du village.

Histoire

Le traité de 1601, qui attribuait le Bugey à la France, avait fait de la paroisse de Saint-Blaise, territoire de La Balme compris, une paroisse française. Le traité de Turin, en 1760, restitua La Balme aux États sardes, sans qu’il en résultât de division de la paroisse. L’amputation fut l’œuvre de la Révolution et, dès 1793, on parla de déplacer l’église qui, dès lors, se trouvait totalement excentrée par rapport au territoire desservi.

L’idée étant dans l’air et à maintes reprises remuée, on n’entretint plus la vieille église ni la cure attenante et les bâtiments étaient en bien mauvais état quand, en 1846, l’abbé Gamet fut nommé curé.

Le jardin de la cure était autrefois séparé du cimetière par une rangée de mûriers que le curé avait été autorisé à y planter pour subvenir aux besoins du luminaire de l’église. Encore au début du XXe siècle, quelques familles de la commune tiraient un revenu de l’élevage du ver à soie.

Description

Généralement datée du XIIe siècle, elle n’était pas voûtée. La nef, pavée de pierres tombales portant des millésimes répartis sur une dizaine d’années autour de 1730, est flanquée d’une petite chapelle de style flamboyant, assez bien conservée.

État actuel de l’ancienne église

L’église est actuellement inutilisée et abandonnée. Elle comprend une abside carrée qui semble avoir été aménagée au XVIIIe siècle, ou plus probablement au XIXe avec des décors en staff (plafond sur liteaux, corniche, murs). L’arc de communication avec la nef a été muré et percé d’une simple porte.

La nef (environ 12 mètres sur 7) possède un plafond plâtré qui tombe en ruine ; elle est éclairée par deux fenêtres carrées au nord et une au sud ; à l’extérieur, on devine au dessus de la fenêtre nord la plus proche du chœur une petite baie étroite murée qui pourrait être romane.

Sur le côté sud de l’église s’ouvrait une chapelle latérale, mais son arc en plein cintre a été muré. Elle est gothique (XVIe siècle) avec croisée d’ogive dont la clef manque et arcs formerets ; les branches d’ogive ont pour section deux cavets. La fenêtre en plein cintre semble plutôt XVIIe-XVIIIe.

Mobilier

Mosaïques gallo-romaines

Le sol renferme des restes de mosaïques romaines utilisées en remplois et provenant de découvertes proches de l’église.

Cliquez sur une photo miniature pour l’agrandir.

Autel gallo-romain

Un autel à Mithra a été extrait du mur du chœur en 1937.

Pierres tombales

Le sol de la nef est dallé en partie par des pierres tombales qui forment des allées :

Décors peints

La ruine du toit de la chapelle latérale a entraîné celle des enduits ; il reste cependant, sur le haut du mur ouest, les traces d’une peinture murale ancienne où l’on distingue la charpente d’une petite construction (ocre rouge) et une tête auréolée (ocre jaune) ; l’arc formeret est accompagné d’un bandeau d’ocre jaune (restes d’une Nativité ?).

Remplois gallo-romains

Dans les murs extérieurs de l’église on reconnaît de nombreux remplois romains, gros blocs de pierre utilisés souvent dans les angles.

L’église actuelle

Le compte-rendu du conseil de fabrique du 8 avril 1853 fait état de l’urgence d’une nouvelle construction. À vrai dire, dès 1847, le projet avait été pris au sérieux. Il était même en bonne voie, après de longues et difficiles négociations avec la commune de Brens, pour fixer le taux de sa participation (annexe de Belley jusqu’en 1807, Brens était, depuis, rattachée à Virignin pour le spirituel).

Grâce à la générosité de plusieurs donateurs pour le terrain (église et cure) ; grâce à l’activité du maire Eugène Cullet et à sa bonne entente avec le comte Charles-Henri-Philibert de Seyssel qui apporta à lui seul une contribution de 4 000 francs or et assura la trésorerie ; grâce aussi au produit d’une souscription pour laquelle les paroissiens eurent le choix entre un apport en espèces ou en journées de travail, le projet aboutit et la nouvelle église fut placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge et le patronage en second de saint Blaise. Elle fut bénite le 13 mai 1855 en présence du sous-préfet, de l’inspecteur des douanes et d’un important détachement de la garnison de Pierre-Châtel.

En 1894, les baies furent garnies de vitraux, œuvres d’un maître-verrier grenoblois de bon renom (actuellement en cours de restauration).

Article tiré du préinventaire des Richesses touristiques et archéologiques des communes rurales du canton de Belley (1994) par Raymond Vanbrugghe, ancien maire de Virignin (Photos complétées le 5 décembre 2007).


Article mis à jour le 3 novembre 2017