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La commune de Virignin

5 novembre 2016, par Raymond Vanbrugghe

Après un bref rappel historique, l’accent est mis sur l’existence de nombreux sites naturels sur le territoire de la commune.

L’histoire de la commune [1]

Sous l’Ancien Régime, le territoire de la commune actuelle était le siège de plusieurs fiefs :

  • La seigneurie de Virignin, aux Ravays au XVe siècle, aux Montbel au XVIe, aux Montillet au XVIIIe.
  • La seigneurie de La Balme-Pierre-Châtel, vraisemblablement aux Duport de la Balme dès le XIVe siècle, érigée en comté par Louis XV en 1746 au profit d’un Seyssel-La-Balme.
  • Montarfier, arrière-fief du chapitre de Belley.
  • Lassignieu, arrière-fief de l’évêché de Belley.
  • Le Goulet, arrière-fief anciennement aux Malet, passé au XVIIe siècle des Migieu aux Duport de La Balme, cédé par eux en 1689 à l’ordre de Malte.

Ce vaste territoire avait son centre à Saint-Blaise, au croisement de la route terrestre et de la voie fluviale, là où était le bac, là où se faisaient les transbordements, là où se percevaient les péages ; l’église de cette paroisse portuaire était près du port.

La commune est née à la Révolution par démembrement de la paroisse de Saint-Blaise : celle-ci s’étendait jusque-là sur les deux rives du Rhône, couvrant les territoires des communes actuelles de La Balme et de Virignin et des quatre hameaux de Furans, Chantemerle, Champtel et le Colombier.

En 1792, la Convention lui enleva La Balme, rattachée au département et au diocèse du Mont-Blanc.

L’administration de Louis-Philippe l’amputa en 1845 des quatre hameaux mentionnés plus haut, attribués à Brens. En compensation de cette dernière mesure, on lui céda Montarfier détaché de Belley.

Les grottes [1]

Nombreuses au pied des falaises, elles ont de tout temps servi d’abri temporaire aux populations nomades et aux voyageurs et de refuge occasionnel aux sédentaires.

Survolez (ou touchez) la photographie pour découvriir les zones d’intérêt.

Vue aérienne du défilé de Pierre-Châtel (mairie de Virignin)


Les plus anciennes traces de fréquentation qui y subsistent ont été relevées à la Grotte des Romains, sous Pierre-Châtel, où René Desbrosse a mis en évidence un niveau de campement de la fin de la dernière période glaciaire (environ 10 000 avant J.-C.). L’industrie en os et silex, caractéristique du magdalénien final, est associée aux restes d’une faune de climat froid comprenant, entre autres, le renne, le bouquetin et l’élan. Néolithique, âges du bronze et du fer, époques gallo-romaine et carolingienne sont représentés dans les niveaux supérieurs.

Des trouvailles des mêmes époques ont été signalées anciennement dans la grotte toute proche des Sarrasins. Dans le même secteur, la petite grotte de la Filoche a fourni un matériel intéressant, datable de l’extrême fin de l’âge du bronze ou du début de l’âge du fer.

L’abri de St Blaise, situé au-dessus du hameau de même nom, a livré des traces d’occupation de l’âge du bronze final, de l’âge du fer, ainsi que des époques gallo-romaine tardive et carolingienne.

La Grande Gave de Virignin, haut-perchée au sommet d’un talus d’éboulis assez raide, a été rebaptisée, à une date vraisemblablement récente, grotte de Saint-Anthelme par quelque dévôt du saint pontife. La difficulté de son accès et son éloignement de tout point d’eau semblent n’en avoir jamais fait autre chose qu’un but d’excursion pour qui ne craint ni la griffe des broussailles, ni la glissade dans les groies.

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La grotte des Fées, au-dessus de Lassignieu, est une étroite faille dont les flancs conservent la trace d’encastrements de poutres témoignant d’une occupation à deux étages, d’époque gallo-romaine d’après ce qu’on y a trouvé.

Le château sous Pierre-Châtel [2]

Le petit fort sous Pierre-Châtel et le pont en béton armé
Le petit fort sous Pierre-Châtel et le pont en béton armé

Plan et coupe du fort
Plan et coupe du fort
Remarquez l’importance du tunnel qui relie ce (...)

Dernière utilisation d’un surplomb rocheux et non la moindre : « le château étrangement bâti et creusé entre les rochers » est décrit en 1582 par un voyageur qui souligna dans son récit combien lui parut redoutable la position de ses bouches à feu soudain offertes à la vue d’un éventuel assaillant.

Ce château est celui que l’on découvre du pont de la Balme. Sa naïve ornementation au badigeon - fausses fenêtres et faux balustres - ne manque pas d’intriguer le touriste. Elle date vraisemblablement d’une fête donnée là en 1744 par Antoine-Gilbert de Seyssel.

C’était pourtant un ouvrage militaire destiné à surveiller la navigation sur le Rhône [3]. Aux cintres des portes, les claveaux sont timbrés aux armes des Duport, les très anciens portiers du Rhône sous Pierre-Châtel.

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Le fort dans son état actuel

Notes

[1D’après un article de Raymond Vanbrugghe dans le Bulletin municipal de Virignin de juillet 1991. Documentation rassemblée par Suzanne Sallaz et Raymond Vanbrugghe.

[2Le petit fort de Pierre-Châtel, R. Vanbrugghe, Le Bugey, 1991

[3Grotte fortifiée de Pierre-Châtel, Virignin (Ain), Paul Courbon, Philippe Drouin


Article mis à jour le vendredi 20 octobre 2017