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La cathédrale Saint-Matthieu de Salerne

Une cathédrale de style normand arabo-byzantin

4 février 2017, par Madeleine, Pascal

Une principauté indépendante, issue de la partie méridionale du royaume de Lombardie, exista autour de Salerne entre 861 et 1076. La ville fut prise par Robert Guiscard en 1077 et Salerne fut alors choisie par les Normands comme capitale de l’Italie du sud.

La construction d’une cathédrale dédiée à saint Matthieu fut rapidement entreprise par Robert Guiscard afin d’héberger les reliques de l’évangéliste, récemment retrouvées. La cathédrale prenait place sur une église préexistante elle-même érigée sur les ruines d’un temple païen romain.

Inspirée par la tradition byzantine, cette cathédrale fit de Salerne le foyer du style architectural normand arabo-byzantin.

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Le campanile de la cathédrale à décor de pierre polychrome

La cathédrale fut consacrée dans les années 1084-85, en présence du pape Grégoire VII alors protégé par Robert Guiscard et réfugié à Salerne. Le chantier ne prit fin qu’au siècle suivant.

Mais en arrivant à Salerne aujourd’hui, on découvre tout d’abord que la ville est de nos jours un port actif.

La cathédrale, vue de l’extérieur

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La cathédrale est érigée en pleine pente et le portail est surélevé

La cathédrale doit une grande partie de son apparence actuelle aux suites du tremblement de terre de 1688 : des travaux de reconstruction de la nef en style baroque napolitain furent alors effectués par divers architectes, tandis que la nouvelle façade donnant sur la rue, postérieure, est datée de 1758.

La photo ci-dessus montre que cette façade se situe très en avant de la véritable façade de la cathédrale, dotée, pour sa part, d’un fronton triangulaire.

L’atrium de la cathédrale

La cathédrale est précédée par un atrium, vaste cour entourée d’une galerie qui fut achevée entre 1137 et 1145.



Les portes de bronze furent réalisées au XIe siècle et sont inspirées de celles de Constantinople.

L’intérieur de la cathédrale

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Dans l’abside du chœur, la Vierge couronnée par des anges et entourée de divers papes

Au-delà de la nef reconstruite en style baroque, la voûte en cul-de-four des absides est ornée de mosaïques dans le style propagé par les artistes byzantins sous l’influence de l’abbé Didier du Mont-Cassin.

À l’entrée du chœur se trouvent plusieurs ambons de marbre ornées de motifs incrustés polychromes et enrichis de dorures. Ils sont eux aussi dans le style byzantin et ont été placés là entre 1153 et 1181.


La crypte de la cathédrale

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La crypte et ses trois nefs : on devine, au-delà de la balustrade, la partie située en contrebas


Plans et élévations de l’édifice
Plans et élévations de l’édifice

La crypte est une salle voûtée d’arêtes divisée en trois nefs par des colonnes. Comme l’indique le plan ci-contre, elle est placée sous le chœur dont elle reproduit le plan mais est orientée transversalement à l’église. Éclairée par la lumière du jour, elle fut restaurée selon un projet de Domenico Fontana vers 1606-1608. Son décor de marbre et de fresques date du XVIIIe siècle.

En contrebas de la crypte se trouve un autel sous lequel ont été placées les reliques de saint Matthieu et, au-dessus de cet autel, au niveau de la crypte, la statue de l’évangéliste.


Grégroire VII (1015-1085), le pape qui laissa son nom à la réforme grégorienne, est également inhumé dans la crypte. C’est lui qui affirma l’indépendance du clergé vis-à-vis du pouvoir temporel et affronta ce dernier en la personne d’Henri IV du Saint-Empire lors de la Querelle des Investitures.

Autour de la cathédrale

Le quartier de la cathédrale est parcouru par des rues étroites qui conduisent vers le complexe monumental de San Pietro in Corte.

L’ensemble de San Pietro in Corte est aujourd’hui dominé par un clocher roman. Mais une première église y fut fondée au VIIIe siècle par le prince lombard Arigis II de Bénévent qui avait fait de Salerne sa capitale. Cette église, qui était sa chapelle palatine, fut elle-même édifiée sur d’anciens thermes romains datant du Ier ou du IIe siècle auxquels avait succédé un lieu de prière paléochrétien associé à une nécropole.

Les fouilles du site révèlent cette superposition d’édifices. On y a trouvé des fresques du XIIe siècle.


Article mis à jour le mardi 14 mars 2017