Le site de Madeleine et Pascal

Pouzzoles

Un amphithéâtre et un marché romains du Ier siècle de notre ère

19 janvier 2017, par Madeleine, Pascal

Pouzzoles est fondée en 531 av. J.-C. sous le nom de Dikèarchia ("la cité du commandement") par des colons de Samos et des habitants de Cumes. La ville sert alors de port commercial à la colonie grecque de Cumes. Pouzzoles devient romaine en 194 av. J.-C. et constitue à partir de là un port important pour l’approvisionnement de Rome.

L’amphithéâtre de Vespasien

Un amphithéâtre est construit sur les hauteurs de la ville dans la seconde moitié du Ier siècle, sous le règne de l’empereur Vespasien. Après le Colisée dont il est contemporain et l’amphithéâtre de Capoue, c’est le troisième du monde romain par la taille, avec 147 mètres sur 118 dont 72 mètres sur 42 pour l’arène. Sa capacité est estimée à 40 000 spectateurs.

Vestiges du mur de l’amphithéâtre

L’amphithéâtre de Pouzzoles fut complètement dégagé à partir de 1920. Les parties souterraines qui ont été protégées par son enfouissement partiel sont particulièrement bien conservées.

Sous l’arène de forme elliptique sont aménagées deux galeries rectilignes de circulation, orthogonales l’une à l’autre, l’une selon le grand axe de l’ellipse et l’autre selon le petit axe. Elles divisent la partie souterraine de l’arène en quatre secteurs.

À la périphérie de l’arène, en sous-sol ou sous les gradins, cheminent diverses galeries qui épousent la forme elliptique de l’amphithéâtre. Celles qui sont situées sous l’arène sont aménagées de façon à permettre l’accès du matériel, des décors, des gladiateurs ou des bêtes sauvages comme le suggère la reconstitution ci-dessous.

Le marché

Le marché romain ou macellum de Pouzzoles date du Ier siècle : il est donc contemporain de l’amphithéâtre de Vespasien. Il est constitué d’une grande cour carrée bordée de boutiques et agrémentée en son centre d’une fontaine circulaire monumentale, d’un type connu par ailleurs dans les marchés aux poissons d’autres villes comme Pompéi.

Le macellum romain

La bonne conservation générale de cet ensemble est due à l’immersion qui, durant des siècles, a préservé le site des pillages. En effet, l’activité volcanique de la région se traduit par une variation du niveau du sol : c’est le phénomène de bradyséisme. L’enfoncement fut maximal au cours du Xe siècle, correspondant à une hauteur d’eau supérieure de 6,50 mètres au niveau actuel.

Depuis très longtemps, des observateurs ont noté les traces laissées par les lithodomes (un coquillage lithophage, lithofaga lithofaga) sur les murs de l’édifice et sur les trois grandes colonnes de marbre. C’est évidemment un témoignage de l’immersion prolongée du site.

Visiter le cratère de la Solfatare à Pouzzoles.

Notes

Le logo est tiré d’une gravure de Charles Lyell de 1832 où l’on voit les colonnes du « temple de Sérapis » émerger des flots. C’est sous ce nom que fut longtemps désignée la fontaine monumentale située au centre du marché romain de Pouzzoles.


Article mis à jour le mercredi 1er mars 2017