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Les ponts d’Ispahan

30 septembre 2012, par Madeleine, Pascal

La rivière qui arrose Ispahan est la Zayandeh Rud qui prend sa source dans les monts Zagros, dans la province du Lorestan. Après être passée par Ispahan, elle se jette dans un lac salé saisonnier aux limites du désert, au sud-est d’Ispahan.

En raison de l’irrigation et des besoins en eau de la ville, son cours peut aujourd’hui se trouver presque à sec. C’est le cas au printemps 2011. Mais au printemps 2019, des pluies exceptionnelles ont arrosé l’ouest de l’Iran et le débit d’eau est important.

Plusieurs ponts enjambent le cours de la Zayandeh Rud, parmi lesquels Pol-e Sharestan, Si-o-Seh Pol et Pol-e Khâdju.

Pol-e Sharestan, le pont Sharestan

Le pont Sharestan en 2011

Le pont Sharestan est le plus ancien pont d’Ispahan : ses piles remonteraient à l’époque sassanide et les arches aux Seldjoukides.

Si-o-Seh Pol, le pont aux trente-trois arches

Le pont aux trente-trois arches, côté aval, en 2011

Le pont aux trente-trois arches porte aussi le nom de Pol-e Allahverdikhan, du nom de son commanditaire, un ministre de Shâh Abbâs d’origine géorgienne qui le fit édifier vers 1608 [1].

C’est un pont-barrage : ses piles, très larges, délimitent des chenaux. En traversant le pont, l’eau produisait un effet de fontaines grâce aux emmarchements.

Des arcades, permettent une promenade à plusieurs niveaux, selon la hauteur de l’eau. Des loggias sont délimitées sur la partie haute du pont. Elles servaient à l’occasion de fêtes sur le plan d’eau.

  • Des jardins longent les berges


Le pont aux trente-trois arches en 2019

Pol-e Khâdju, le pont Khâdju

Le pont Khâdju, rive gauche, côté aval, au printemps 2019

Le pont Khâdju fut édifié cinquante ans après le pont aux trente-trois arches. Il présente une structure identique et légèrement plus complexe permettant des effets d’eau plus spectaculaires. Il est doté de vingt-trois arches, pour une longueur de 105 mètres et une largeur de 14 mètres.

Des loggias sont délimitées sur la partie haute du pont. Au milieu du pont se trouve un pavillon octogonal abritant la loge royale.

  • Le pont Khâdju, rive droite et côté aval en (...)
  • Au centre, la loge royale vue de la rive (...)
  • Zoom vers la loge royale depuis la rive (...)

  • Les deux niveaux de circulation du pont
  • Au niveau inférieur, l’enfilade des arches
  • Au niveau inférieur, vue vers la loge royale

  • Les arches du niveau supérieur
  • Vue vers l’aval depuis le niveau supérieur
  • Vers l’amont : un plan d’eau
  • À une extrémité du pont, un lion de style (...)
  • De l’autre côté, un arc apparaît sur son (...)

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Notes

[1Allahverdikhan était un Géorgien converti à l’Islam. La présence de Géorgiens dans l’environnement de Shâh Abbâs s’explique par la constitution d’une armée professionnelle que le souverain avait créée pour se rendre indépendant de la noblesse turkmène qui l’avait porté au pouvoir. Cette armée de métier dévouée et fidèle était obtenue en enrôlant très tôt de jeunes Arméniens et Géorgiens qui devaient tout au souverain. Les souverains ottomans avaient procédé de manière analogue en créant les janissaires.


Article mis à jour le jeudi 27 juin 2019