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Le nord-ouest de l’Iran

Dernier ajout : 11 septembre 2019.

La partie iranienne des régions historiquement peuplées d’Azéris et, dans une moindre mesure, d’Arméniens recouvre cinq provinces de l’Iran d’aujourd’hui :
- au sud, les provinces de Zanjan et Qazvin où nous sommes passés en 2011 ;
- plus au nord, l’Azerbaïdjan occidental et l’Azerbaïdjan oriental situés de part et d’autre du lac Orumiyeh et la province d’Ardabil située plus à l’est en direction de la mer Caspienne, provinces visitées en 2019. Ces trois provinces n’en faisaient initalement qu’une seule et la province d’Ardabil ne fut détachée de l’Azerbaïdjan oriental qu’en 1993.

Mais, au cours de l’histoire, l’Empire perse s’étendit bien davantage vers le nord de sa frontière nord-ouest actuelle, en direction du Caucase : le tracé de la frontière d’aujourd’hui ne date en effet que de deux cents ans.

En effet, en 1813, le traité de Golestan mit fin à la première guerre russo-perse (1804-1813) : l’Empire perse perdit alors tous ses territoires situés au nord du fleuve Araxe à savoir la région de Géorgie, l’accès à la mer Noire et le khanat de Bakou. La Perse céda ainsi à l’Empire russe de vastes territoires peuplés d’Azéris et d’Arméniens. Elle perdit aussi à cette occasion le droit de naviguer sur la mer Caspienne.

Après de nouveaux affrontements en 1826-28, le traité de Turkmantchaï (1828) confirma les termes du précédent. Ces deux traités considérés comme les plus humiliants jamais infligés à l’Empire perse, établirent définitivement sa frontière nord-ouest le long du cours la rivière Araxe.

Aujourd’hui, l’Araxe (Aras sur la carte) constitue toujours une grande partie de la frontière nord-ouest de l’Iran. Au nord de cette rivière qui se jette dans un fleuve aboutissant à la mer Caspienne se trouvent les pays transcaucasiens issus de l’éclatement de l’Union soviétique, à savoir, d’est en ouest :

  • la République d’Azerbaïdjan
  • la République autoproclamée du Haut-Karabagh (en pointillé rouge sur la carte) qui n’est reconnue par aucun des pays membres de l’ONU. Principalement peuplée d’Arméniens, elle est incluse dans le territoire de la République d’Azerbaïdjan tel qu’il fut défini après l’effondrement du bloc soviétique.
  • la République d’Arménie
  • le Nakhitchevan qui est une république autonome d’Azerbaïdjan sans continuité territoriale avec le reste du pays, c’est-à-dire une exclave.

Plus tôt dans l’histoire, c’est en Azerbaïdjan que s’établirent certaines tribus de Turcs Oghuz, les Turcomans souvent improprement appelés Turkmènes. Au XIIIe siècle, les Turcomans constituent des tribus qui nomadisent entre la mer Noire et la mer Caspienne. Il en existe deux groupes : les Aq Qoyunlu ou "Moutons blancs" et les Qara Qoyunlu ou "Moutons noirs". Ils se sédentarisent au cours du XIVe siècle et les Qara Qoyunlu s’établissent plus spécialement en Azerbaïdjan. Bien que très affaiblies par la conquête de Tamerlan, ces tribus jouèrent par la suite un rôle important dans l’instauration de la dynastie safavide dont les premières capitales seront Tabriz et Qazvin.

Plus tôt encore,

  • les hordes mongoles passèrent par l’Azerbaïdjan et c’est là que leurs descendants instaurèrent la dynastie ilkhanide dont Maragheh, Tabriz, puis Soltâniyeh furent les résidences.
  • c’est par là aussi qu’étaient passés les Seldjoukides en route vers l’Anatolie, détruisant sur leur passage les monastères arméniens.

Le logo de cette rubrique représente des carreaux constituant un élément de mirhab en céramique moulée et émaillée - Musée d’archéologie de Tabriz