Le site de Madeleine et Pascal

Behistun

La grande inscription achéménide
11 mai 2012, par Madeleine, Pascal
 

Une inscription monumentale est gravée sur une falaise du mont Behistun, dans la province de Kermanshah, le long de la haute route d’Ecbatane à Babylone. Elle décrit les conquêtes de Darius Ier en trois langues, le vieux-persan, l’élamite et l’akkadien. Cette inscription a joué un rôle crucial dans le déchiffrement de l’écriture cunéiforme.

Fréquenté à toutes les époques, le site comporte aussi des témoignages des époques séleucide, parthe et safavide.

Le relief et l’inscription de Darius

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Situé environ 60 mètres plus haut que la route actuelle et 100 mètres plus haut que la route antique, le relief rupestre mesure 6,5 mètres de long et 3,2 mètres de haut. Il commémore l’accession au trône de Darius le Grand, en 522 av. J-C, après sa victoire sur une conjuration. En incluant les panneaux portant l’inscription, l’ensemble mesure 25 mètres sur 15.

Darius, suivi de deux écuyers et armé d’un arc lève le bras droit et piétine l’usurpateur Gaumata qui l’implore. Neuf prisonniers font face au roi, attachés par une corde au cou et surmontés par la représentation symbolique du dieu Ahura-Mazda qui est invoqué à plusieurs reprises dans le texte.

La représentation est entourée par l’inscription trilingue, gravée entre 520 et 518 av. J-C. Un long récit du roi relate son accession au trône face à Gaumata de Perse, les guerres victorieuses qui ont suivi et la répression de la rébellion.

Le relief rupestre, en pleine falaise
Le relief rupestre, en pleine falaise

Vue rapprochée
Vue rapprochée

Le site vu par l’architecte Pascal Coste au XIX<sup>e</sup> siècle
Le site vu par l’architecte Pascal Coste au XIXe siècle
En haut, le grand relief achéménide et en bas, (...)

Une représentation d’Héraklès, d’époque séleucide

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Situé le long d’une route importante, le site de Behistun fut fréquenté à toutes les époques. Sous les Séleucides, l’hellénisation s’accompagna d’un syncrétisme religieux : Zeus fut assimilé à Ahura-Mazda, Artémis à Anahita, et Héraclès à Verethragna. Le culte d’Héraklès se répandit donc en Perse, rendu très populaire grâce à la parenté de ce héros divinisé avec la tradition iranienne de déification des roi-héros.

Le relief d’Héraklès sculpté au pied de la falaise est de style typiquement grec. Le héros, nu sur une peau de lion au pied d’un olivier, tient une coupe à la main. Son arc et son carquois sont suspendus à l’arbre, sa massue est posée à ses pieds. Une inscription en grec révèle que la statue a été réalisée en 148 av. J-C. en l’honneur du gouverneur séleucide de la satrapie. L’exécution de la statue est assez fruste, ce qui peut témoigner d’une réalisation par un artiste local.

Deux reliefs parthes dont l’un est détruit par une inscription safavide

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Un troisième ensemble comporte deux panneaux d’époque parthe surmontés par des inscriptions en grec. Le panneau de gauche a été partiellement détruit en 1684 par une inscription en persan gravée en allégeance à un gouverneur local safavide.

Les reliefs sont très effacés, mais un dessin réalisé en 1673 par un compagnon du célèbre voyageur Jean Chardin permet de lire les inscriptions grecques et d’identifier, sur le panneau de gauche, le roi parthe Mithridate accompagné de quatre nobles guerriers, peut-être des satrapes.
Le panneau de droite, plus tardif, célèbre la victoire du roi parthe Gotarvès II sur son rival Mehardate.

On peut remarquer, à droite sur la photo, dans la partie haute du relief et juste sous l’inscription grecque, une victoire ailée (Nikè) apportant une diadème ou une couronne à Gotarvès.

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Article mis à jour le 23 janvier 2017