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L’Europe médiévale

6 décembre 2018, par Madeleine, Pascal

Dans les très riches collections de l’Europe médiévale, nous nous concentrons sur quelques objets plus particulièrement liés à l’histoire de l’Angleterre.

Le triptyque Borradaile

Le triptyque Borradaile
Constantinople - 900-1000

La scène centrale de ce triptyque daté de 800-900 montre un Christ sur la Croix, flanqué de la Vierge et de Saint Jean l’Évangéliste. Les archanges Michel et Gabriel se trouvent de part et d’autre de la tête du Christ. Sous la Croix court une inscription grecque qui signifie Vois Ton Fils, Vois Ta Mère (Jean 19,26-7).

Les registres des portes du triptyque sont occupés par des saints dûment identifiés par des inscriptions.

Une inscription grecque qui figure sur les portes refermées mentionne que Jésus-Christ est vainqueur.

Pièces d’échec en ivoire de morse

Le roi et la tour


En 1831, un exceptionnel trésor en ivoire de morse sculpté fut découvert sur l’Île de Lewis à l’ouest de l’Écosse. Il contenait en particulier 78 pièces d’échecs.

Au moment de leur découverte, certaines pièces étaient colorées de rouge.

Les plateaux des premiers jeux médiévaux semblent avoir associé le blanc de l’ivoire à du rouge et non pas à du noir comme aujourd’hui.

La Coupe de Sainte-Agnès

La Coupe royale de sainte Agnès est en or massif, richement décoré d’émail et de perles. Elle fut réalisée pour la famille royale française à la fin du XIVe siècle, devint propriété de plusieurs rois d’Angleterre, passa près de 300 ans en Espagne et revint en Grande-Bretagne au XIXe siècle.

Les surfaces d’or sont décorées de scènes en émail à couleurs translucides. Les décorations présentent notamment de grandes surfaces rouge clair, couleur la plus difficile à obtenir à l’époque. Des scènes de la vie de Sainte Agnès décorent le sommet du couvercle et le bas du corps de la coupe. Les quatre symboles des Évangélistes entourent le pied de la coupe.

La coupe est mentionnée pour la première fois de façon certaine dans un inventaire des biens de Charles VI de France datant de 1391, puis à nouveau en 1400.

Elle réapparaît dans l’inventaire d’un oncle du roi de France, Jean de Lancastre (1389-1435), qui fut brièvement régent de France et d’Angleterre. On ignore comment il acquit la coupe, mais il n’est pas exclu que Charles VI ait pu lui faire des cadeaux durant la période difficile qui avait suivi la paix avec les Anglais. La coupe est ensuite décrite dans les inventaires d’Henri VIII et d’Élisabeth I.

La conférence de Somerset - 1603
La conférence de Somerset - 1603

Elle passe à l’Espagne en 1604 au moment du traité de Londres qui clôt la Conférence de Somerset : Jacques Ier, successeur d’Élisabeth, met alors fin à 30 ans de guerre avec l’Espagne. La coupe est offerte à cette occasion par le roi d’Angleterre au connétable de Castille Juan Fernández de Velasco, signataire pour l’Espagne du traité de paix avec l’Angleterre.

En 1610, Velasco fait don de la coupe à un couvent proche de Burgos, après avoir obtenu de l’archevêque de Tolède l’autorisation qu’elle soit utilisée comme ciboire. C’est au XIXe siècle que le couvent, en mal d’argent, revend la coupe à un collectionneur français qui la cède rapidement à un collectionneur anglais.

L’icône du Triomphe de l’orthodoxie

L’icône du triomphe de l’orthodoxie
Constantinople - Vers 1400 -

Cette icône, datée d’environ 1400, provient de Constantinople.

Ette renvoie à un épisode de l’histoire de la capitale de l’Empire romain d’Orient.

En 730, l’empereur byzantin Léon III interdit l’utilisation des images dans l’empire. Cette décision ne fut pas très populaire et l’impératrice Théodora en restaura l’usage en 843.

L’icône ci-contre célèbre le Triomphe de l’orthodoxie sur l’iconoclasme. On y voit l’impératrice accompagnée de son fils, l’empereur Michel III, en haut à gauche. Les autres personnages sont des saints et divers religieux.

Au centre, sur un autel, apparaît une Vierge Hodigitria (celle qui montre le chemin) : c’est l’image que Saint Luc est supposé avoir peinte du vivant de la Vierge.

L’idée selon lquelle Saint Luc avait été un peintre constituait un argument important pour affirmer que les icônes existaient depuis l’époque du Christ.

The Sword of State

La poignée de "The Sword of State"

Datée des années 1470, cette épée à deux mains faisait partie des symboles royaux du pouvoir. Elle a été réalisée en acier, alliage de cuivre et émaux.

The Sword of State
The Sword of State

Elle était utilisée par le Prince de Galles lors des cérémonies royales. Sa taille en fait un puissant symbole du pouvoir royal. La lame d’acier fut commandée en Allemagne.

La face étroite de la poignée est gravée d’invocations à la Vierge Marie tandis que les deux faces de la poignée sont gravées de symboles héraldiques émaillés.

Les armoiries indiquent que l’épée appartenait à l’un de deux des princes de Galles :

  • l’un, Édouard, Prince de Galles, fils d’Édouard IV qui régna sur l’Angleterre de 1461 à 1483, et futur Édouard V ne régna que deux mois en 1483, sans avoir été couronné ;
  • l’autre, Édouard de Middleham, Prince de Galles, mort en 1484 avant son père Richard III, dernier roi de la maison d’York qui ne régna que de 1483 à sa mort en 1485.

Article mis à jour le lundi 10 décembre 2018