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La Mésopotamie

1er décembre 2018, par Madeleine, Pascal

Riche d’une collection de quelque 330 000 objets, le British Museum possède la plus grande et la plus importante collection d’antiquités mésopotamiennes hors d’Irak. Seules les collections du Moyen-Orient du Louvre et du musée de Pergame à Berlin peuvent rivaliser par le nombre et la qualité des vestiges.

Nous nous attardons plus spécialement devant quelques objets trouvés dans les tombes du cimetière royal d’Ur.

L’Étendard royal d’Ur

La face de la Guerre de l’étendard royal d’Ur

L’Étendard d’Ur est une œuvre sumérienne retrouvée aux environs de 1920 dans une tombe du cimetière royal de l’ancienne cité d’Ur, située dans l’actuel Irak, au sud de Bagdad. Cet objet dont la fonction est inconnue date probablement du XXVIe siècle av. J.-C.

Détail du registre inférieur de la face de la Guerre
Détail du registre inférieur de la face de la Guerre

L’Étendard d’Ur est un coffre de bois de 50 centimètres de long, sur lequel est ajustée une mosaïque de nacre et de calcaire rouge, sur fond de lapis-lazuli. Il est actuellement dans un état restauré, les effets du temps au cours de plusieurs millénaires ayant dégradé le bois et le bitume servant de colle à la mosaïque. Sa fonction originale n’est pas clairement connue. On a suggéré qu’il était transporté sur une hampe et porté comme étendard. On a également supposé que c’était la caisse de résonance d’un instrument musical.

Détail du registre supérieur de la face de la Guerre
Détail du registre supérieur de la face de la Guerre

L’Étendard d’Ur est généralement considéré comme commémorant un événement ayant eu lieu. La face de la Guerre représenterait une bataille dont l’armée d’Ur est sortie victorieuse, tandis que la face de la Paix illustrerait la célébration de cette victoire au cours d’un banquet et des sacrifices effectués en l’honneur des dieux pour les remercier pour ce triomphe.

Mais cette œuvre peut aussi être expliquée suivant l’idéologie royale de la basse Mésopotamie antique : le roi y a en effet une double fonction, celle de guerrier, chef de l’armée, et celle d’intermédiaire entre les dieux et les hommes, et donc de principal pourvoyeur d’offrandes aux dieux. L’Étendard d’Ur pourrait donc représenter ces deux facettes de la figure royale. Les deux interprétations ne s’excluent pas forcément.

Détail des deux registres supérieurs de la face de la Paix

La lyre d’argent

La Lyre d’argent

Dans les années 1920, plusieurs lyres furent découvertes par l’archéologue Leonard Woolley dans des tombes royales d’Ur. Elles sont datées d’environ 2500 av. J.-C.

Le bois de celle-ci avait disparu avec le temps, mais l’archéologue coula du plâtre dans les cavités laissées par le bois ce qui permit de préserver la forme et les décors de l’objet.

La lyre est recouverte d’argent et sa caisse de résonance porte une tête de taureau ; ces éléments sont d’origine. Il est à peu près certain que la table d’harmonie était simplement constituée par la feuille d’argent mais celle-ci est aujourd’hui maintenue par un cadre de bois.

Le décor de coquillages, lapis-lazuli et calcaire rouge est également d’origine mais les cordes et les chevilles sont modernes.

Le Jeu royal d’Ur

Le Jeu royal d’Ur

Six tombes au moins du cimetière royal d’Ur contenaient une planche de jeu en bois incrusté de calcaire rouge, coquillages et lapis-lazuli. C’est le Jeu royal d’Ur.

Ces exemplaires sont datés de 2600 à 2200 av. J.-C. mais il s’agit d’un jeu qui fut joué pendant près de 3000 ans au Moyen-Orient.

La Reine de la nuit

La Reine de la nuit

Le bas-relief de la Reine de la nuit représente une déesse mésopotamienne : ce peut être Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre, ou bien sa sœur et rivale Ereshkigal qui régnait sur le monde souterrain.

La déesse était initialement peinte en rouge. Elle porte une tiare à cornes et tient le sceptre et l’anneau de justice, symboles des divinités mésopotamiennes.

Ses ailes jadis multicolores sont abaissées et ses jambes se terminent par des pattes semblables à celles des chouettes situées de part et d’autre.

La déesse se tient debout sur le dos de deux lions.

Le décor du premier plan représente des montagnes.

Le Bélier dans un fourré

Le bélier dans un fourré

Cette statue est datée de 2500 av. J.-C. environ et fait partie d’une paire trouvée dans une tombe d’Ur.

Elle est connue comme "le Bélier dans un fourré" mais elle représente plutôt une chèvre.

Celle-ci est debout sur ses pattes arrière, les pattes avant appuyées dans un buisson fleuri, à la façon des chèvres qui cherchent leur nourriture.

Le buisson et les fleurs, écloses ou en bouton, sont recouverts de feuilles d’or, de même que le mufle de l’animal et ses pattes.

Les petites cornes enroulées et la toison des épaules sont en lapis-lazuli, tandis que la toison du corps est en coquillages blancs.

Le socle rectangulaire est décoré d’une mosaîque de coquillages, calcaire rouge et lapis-lazuli.

Le cylindre recouvert d’or qui se trouve derrière l’animal indique que l’objet était un support pour une table ou une console.

Cette représentation de l’animal et de la végétation sont des symboles de la nature et de la fertilité, éléments d’importance cruciale dans la civilisation sumérienne.


Article mis à jour le lundi 3 décembre 2018