Hampi est le nom de la ville la plus proche de l’ancienne Vijayanagar.
Au milieu du XIVe siècle, alors que les armées du sultan de Dehli ont conquis le centre de l’Inde, un souverain local fait de Vijayanagar sa capitale, avant de partir à la conquête de territoires plus vastes. Il réduit l’opposition des royaumes de l’ouest, dont les Hoysala, et reprend des villes du sud qui étaient tenues par les musulmans, parmi lesquelles Madurai. Les troupes du sultan refluent vers le nord. L’empire de Vijayanagar est né. Il durera deux siècles, jusqu’à la bataille de Talikota (1565) : les troupes de Vijayanagar seront alors écrasées par celles des sultanats du Deccan et la cité livrée au pillage.
À Vijayanagar plusieurs dynasties se succédèrent à la tête de l’empire. Dans cette place commerciale peuplée d’un demi-million d’habitants se négociaient de riches marchandises connues des commerçantis du monde entier. De multiples monuments y furent édifiés dans le site d’un grandiose chaos rocheux de granit.
On distingue généralement la ville royale qui regroupe des édifices, essentiellement civils, réservés aux souverains et à leur entourage et la ville sacrée.
Cet article présente plusieurs sites et édifices de la ville sacrée : la colline d’Hemakuta, le temple de Virupaksha et son allée processionnelle, le temple d’Achyuta Raya et les berges de la Tungabhadra. Les temples de Krishna, de Vitthala et le temple souterrain sont décrits dans un deuxième article consacré à la ville sacrée.
La ville royale est présentée dans un troisième article.
La colline d’Hemakuta domine le site de Vijayanagar et les immenses chaos rocheux qui l’environnent. De son sommet, on aperçoit le temple de Virupaksha.
Sur les flancs de la colline se trouvent deux édifices dédiés à Ganesha, divers petits temples et une statue colossale de Narasimha, l’Homme-lion, quatrième avatar de Vishnu.
Depuis la colline, on aperçoit certaines fortifications de la ville : les murs sont composés de pierres taillées de forme irrégulière à joints vifs. L’épaisseur des murailles est remplie d’un appareil en moellons sans liant.
Ce temple, toujours en activité, porte le nom d’une des formes de Shiva : Virupaksha, le seigneur aux yeux étranges. Il comporte deux grands gopurams, visibles de loin : l’un est le gopuram oriental, entrée principale du complexe. Un autre gopuram, de style très différent et plus petit, donne accès, en direction du nord, à un bassin sacré, à partir de l’enceinte intérieure.
Les enceintes, les piliers et les mandapas sont en granite mais les gopurams qui surplombent les entrées sont en pierres et en briques.
On pénètre dans le temple par le gopuram oriental qui conduit à une première cour, bordée d’un portique. Elle renferme, à droite, un kalyana mandapa, c’est-à-dire un mandapa dédié au mariage rituel de Virupaksha et de la déesse et à gauche, une salle aux cent piliers.
On accède à la seconde enceinte par un gopuram plus petit. Dans cette cour se trouvent un petit pavillon de Nandi tourné vers le sanctuaire et, au fond, un beau mandapa conduisant au sanctuaire proprement dit. Ce mandapa est orné de piliers sur lesquels sont sculptés des yalis tandis que, sur les plafonds, se déploie un cycle de peintures réalisées au XIXe siècle. Juste en-dessous, des caissons contiennent des et sculptures de la même époque, de style naïf.
Une longue et large allée processionnelle conduit du temple de Virupaksha jusqu’à des mandapas, éloignés d’environ un kilomètre, parmi lesquels celui d’un Nandi monolithique sculpté directement au cœur d’un chaos de blocs de granite. Cette avenue est bordée de boutiques et d’édifices à portiques souvent sur deux étages.
Dédié à Vishnu, ce temple porte le nom du roi qui en ordonna la construction, dans la première moitié du XVIe siècle. On le découvre au-delà de l’allée processionnelle, adossé à une colline. De manière tout-à-fait inhabituelle, le temple fait face au nord. Il est constitué de deux cours et on entre, de manière tout aussi inusitée, par un petit gopuram situé, à l’ouest, dans la cour intérieure.
Un chemin dallé longe la rivière Tungabhadra et emprunte des ghâts situés au pied d’une série de temples. On y voit des embarcations en forme de nacelle circulaire en osier dont le fond est rendu étanche par du bitume.