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Le musée archéologique Saint-Raymond

29 juillet 2021, par Madeleine, Pascal

Le musée archéologique de Toulouse se trouve face à la basilique Saint-Sernin, sur les lieux de la nécropole chrétienne du IVe siècle qui entourait la tombe de Saturnin, premier évêque de Toulouse martyrisé en 250.

Au XIe siècle, un chanoine de Saint-Sernin du nom de Raimon Gairart, y établt, avec l’aide du comte de Toulouse Guilhem IV, un hôpital pour les pauvres, le long de la voie tolosane du pélerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le musée, à droite, face à la basilique saint-Sernin

Au moment de la fondation de l’université, au XIIIe siècle, l’établissement devient un collège pour les étudiants pauvres, rôle qu’il conservera jusqu’à la Révolution française.

Les bâtiments actuels datent du XVIe siècle : ils sont ceux d’une reconstruction de ce collège universitaire faisant suite à un incendie.

Le musée archéologique Saint-Raymond

Le musée expose une collection archéologique qui évoque la vie aux époques celte, romaine et wisigothique dans la région toulousaine.

La collection protohistorique

Le musée expose en particulier des torques en or de l’âge de fer et plus précisément de l’époque des Volques Tectosages Ce peuple celte issu d’Europe centrale se serait installé autour de Toulouse, supplantant et assimilant progressivement la population celtibère qui l’avait précédé dans la région.

  • Vaisselle de bronze
  • Vase tripode en bronze
  • Torque en or
  • Torque en or


Monnaies d’argent frappées par les Volques Tectosages aux IIe ou Ier siècle av. J.-C.

La collection romaine

La villa de Chiragan

Les principaux vestiges romains sont ceux de la villa romaine de Chiragan sur les rives de la Garonne, le long de la route de Toulouse à Dax.

Modeste établissement à l’époque d’Auguste, la villa connut son extension maximale sous les Antonins (96-192) et elle est considérée comme l’une des plus vastes du monde romain. Elle fut occupée jusqu’à la fin de l’Empire et son caractère exceptionnel est lié aux riches marbres exhumés lors des fouilles successives qui y ont été faites.

Parmi les sculptures figure en particulier une série de portraits et de bustes d’empereurs et d’autres personnages.

Une série de bustes impériaux de la villa de Chiragan


  • Antonin le Pieux (r. 138-161) fondateur de la (...)
  • Buste de femme (vers 125-135)
  • Lucius Verus (r. 130-169) co-empereur avec (...)

  • Marc-Aurèle âgé (r. 161-180)
  • Septime Sévère (r. 201-211)
  • Buste militaire complété d’une tête - IiIe à (...)

Les bâtiments résidentiels étaient ornés de reliefs de marbre datés du iiie siècle représentant les travaux d’Hercule, ainsi que de statues, copies de modèles grecs réalisées à Rome ou sur place.

Les travaux d’Hercule


  • Cet Hercule, conçu sur place comme en témoigne (...)
    En arrière-plan, les Travaux d’Hercule
  • La déesse égyptienne Isis a acquis une (...)
  • Sérapis, forme prise par Osiris-Apis avec (...)
  • Tête colossale de Maximien Hercule (r. (...)
  • Masques de théâtre

Une borne miliaire

(Borne miliaire de la route de Toulouse à Narbonne)
Borne miliaire de la route de Toulouse à Narbonne

La borne miliaire en marbre dont on voit une partie ci-contre est datée de 306-308. Elle porte l’inscription suivante :

Imp(eratori)
Caes(ari) Fla(vio)
Val(erio)
Con(s)
tan(tin)o n
ob(ilissimo) C(aesari) divi Co
nst(a)nti(i) pii
Aug(usti filio
(millia passuum) unde vigenti

On peut la traduire ainsi :

À l’empereur César Flavius Valerius Constantin, très noble César, fils du divin Constance, pieux et auguste. Dix-neul (mille).

Les mosaïques de Saint-Rustice

Plus tardives, les mosaïques de Saint-Rustice ornaient vraisemblablement les bains d’une vaste villa gallo-romaine de la région toulousaine du IVe siècle. Leurs inscriptions en grec reflètent peut-être le goût et l’érudition des élites de l’époque.

Le dieu Océan

La mosaïque précédente est la figure centrale du sol d’une salle qui était entourée de six absides ornées de diverses divinités marines. La bouche ouverte, le dieu laisse s’écouler les flots.

La photo ci-dessus représente le décor d’une des six absides entourant le dieu Océan. On y voit Thétis, la mère du héros grec Achille, à côté du dieu marin Triton.

L’époque paléochrétienne

La collection de sarcophages

Quelques beaux sarcophages paléochrétiens en marbre provenant de la nécropole qui se trouvait au sud de l’actuelle basilique Saint-Sernin sont exposés dans le sous-sol de l’édifice.

La collection de sarcophages paléochrétiens


Les fouilles de 1995 ont révélé, par ailleurs, l’existence, sous le bâtiment, d’un four à chaux du IVe siècle abandonné au Ve siècle avec son dernier chargement. Sa présence s’explique évidemment par le fait qu’on se trouvait sur les lieux d’un cimetière paléochrétien : à des époques plus tardives, on souhaita sans doute utiliser certains des sarcophages présents sur place pour la fabrication de la chaux destinée à la préparation du mortier.

Vestiges du four à chaux

L’orfèvrerie wisogothique

En 418 ou 419, l’empereur romain autorise les Wisigoths qui fuient les Huns à s’installer dans le bassin de la Garonne. C’est le début du royaume de Toulouse : les rois wisigoths règnent d’abord sous l’autorité de l’empereur, puis, après la chute de l’Empire romain en 476, de manière autonome.

À son apogée, ce royaume recouvre la partie méridionale de la Gaule et la totalité de la péninsule ibérique : c’est le plus grand des territoires "barbares". Mais en 507, la partie nord du royaume de Toulouse est conquise par Clovis et les Wisigoths ne conservent que la Septimanie et l’Espagne. Leur aventure se termine avec la conquête arabe.

Les tombes wisigothiques de la région toulousaine ont livré des bijoux, fibules, perles et plaques-boucles en métal parfois incrusté de pierres.


Article mis à jour le mardi 28 septembre 2021