Le site de Madeleine et Pascal

L’obélisque inachevé

15 décembre 2020, par Madeleine, Pascal

(L’obélisque inachevé, vu depuis sa base)
L’obélisque inachevé, vu depuis sa base

L’exploitation des carrières de granite rose fut, dès l’antiquité, l’une des richesses de la région d’Assouan. Les blocs étaient destinés à des constructions (temple de la vallée du roi Képhren, à Gizeh), à des obélisques (tels ceux du temple de Louxor ou ceux de Thoutmôsis III et d’Hatchepsout à Karnak) et aussi à des statues colossales ou de taille plus modeste.

Les blocs étaient probablement finis et polis sur place puis tirés jusqu’au Nil et hissés sur des barges, à sec sur la rive. La crue les remettait à flot et le transport devenait alors possible.

La taille de l’obélisque inachevé fut vraisemblablement interrompue à cause d’une fêlure dans la roche. L’obélisque repose à l’état d’ébauche, non détaché du massif rocheux, dans une grande carrière de granite rose située sur la rive droite du Nil à deux kilomètres au sud d’Assouan.

C’est le plus grand de tous les obélisques connus à ce jour. Long de près de 42 mètres et large à la base de 4,2 mètres, il a une section carrée et s’affine vers la partie supérieure pour se terminer en pointe. Il est taillé sur trois faces, mais pas encore détaché de la roche. Son poids est estimé à environ 1200 tonnes.

Son état d’inachèvement permet de mieux comprendre les procédés d’extraction de l’époque : l’état des saignées latérales montre que la roche était attaquée par percussion (très certainement à l’aide de marteaux ou de boules de dolérite) plutôt que par la technique, courante à l’époque romaine, des coins de bois gonflés à l’eau.

  • Sur le site de la carrière, un granite (...)
  • Au premier plan, la pointe, détachée de (...)
    Au fond de la saignée, les traces de martelage
  • La carrière est toujours exploitée
  • Les faubourgs d’Assouan dans le vent de (...)


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Article mis à jour le mercredi 16 décembre 2020