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Anvers : le quartier historique

9 août 2016, par Madeleine, Pascal

Le cœur de la ville, dominé par la cathédrale, s’organise autour de la Grand-Place et réunit quelques lieux témoignant de la richesse de la cité aux XVIe et XVIIe siècles parmi lesquels l’imprimerie Plantin-Moretus, l’église Saint-Charles-Borromée, le Rubenshuis et la maison Rockox.

Grote Markt, la Grand-Place

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Sur la Grand-Place, une série de maisons de corporations et à gauche, la façade de l’Hôtel de ville

Proche de la cathédrale, la Grand-place ou Grote Markt est entourée de maisons de corporations ou guildes à pignons flamands rivalisant par leur hauteur et leur ornementation.

L’hôtel de ville ou Stadhuis, mêle les styles flamand et Renaissance italienne. Il fut construit entre 1561 et 1564 sur les plans de l’architecte Cornelis Floris de Vriendt.

Sur la place se trouve une statue de Brabo, œuvre du sculpteur anversois Jef Lambeaux (1852-1908). Elle illustre une légende selon laquelle le géant Druon Antigone demandait péage aux bateliers qui voulaient remonter le cours de l’Escaut : ceux qui ne payaient pas voyaient leurs mains tranchées par le géant. Le soldat romain Silvius Brabo qui le rencontra aurait réussi à le tuer et, pour venger a posteriori les victimes du géant, coupa la main d’Antigone et la jeta dans le fleuve.

L’imprimerie Plantin-Moretus

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La maison Plantin-Moretus

Le musée Plantin-Moretus occupe le logis et les locaux professionnels de l’imprimeur Christophe Plantin, fondateur, au XVIe siècle, d’une imprimerie qui fut alors la maison d’édition la plus active d’Europe. L’entreprise fut poursuivie par les descendants directs de Plantin, dont son gendre Jan Moretus. Elle fut active jusqu’en 1876, date où Édouard Moretus vendit l’imprimerie et tout son matériel à la ville d’Anvers.

Outre sa valeur architecturale, le musée contient une collection d’objets témoignant des techniques et du travail dans l’imprimerie. Il conserve deux des plus anciennes presses d’imprimerie du monde ainsi que 90 jeux de caractères complets en plomb, des archives éditoriales couvrant trois siècles d’activité, mais également une très riche bibliothèque de 25 000 titres.

Juste Lipse (1547-1606), le plus grand humaniste des Pays-Bas méridionaux, ami intime de Christophe Plantin, avait son bureau à l’intérieur du complexe.


L’église Saint-Charles-Borromée

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La façade de l’église Saint-Charles-Borromée

Sint-Carolus-Borromeuskerk fut construite par les Jésuites entre 1615 et 1621 et initialement dédiée à saint Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre. C’était à l’époque la plus grande église baroque des Pays-Bas méridionaux. La richesse de sa décoration, confiée à Rubens et à son école, célébraient le triomphe de la Réforme catholique (ou Contre-Réforme) après des années d’avancée du protestantisme.

Les plafonds à caissons de Rubens qui se trouvaient dans les collatéraux furent détruits lors d’un incendie en 1718, tandis que la plupart des toiles de l’artiste furent confisquées ou volées lorsque la Compagnie de Jésus fut supprimée en 1773. L’église devint alors une église paroissiale dédiée à saint Charles Borromée, artisan de la Réforme catholique issue du concile de Trente. Une bonne partie du décor intérieur d’aujourd’hui date du XVIIIe siècle.



La maison Rockox

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La maison Rockox

Cette maison fut la demeure de Nicolas Rockox (1560-1640), personnage influent sur les plans politique, social et culturel durant la première moitié du XVIIe siècle anversois et ami de Rubens. Rockox fut aussi un mécène et plusieurs artistes qui bénéficièrent de son soutien sont aujourd’hui encore des références du Baroque anversois.

Lors de notre visite, la maison Rockox hébergeait, sous l’intitulé Le cabinet d’or, une exposition d’œuvres majeures du musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, alors en restauration. On reconnaît en particulier ci-dessous quelques œuvres du Moyen Âge tardif.

Rubenshuis, la maison de Rubens

Quelques façades des églises et palais génois publiés par Rubens en 1622
Quelques façades des églises et palais génois publiés par Rubens en 1622

En 1609, Peter Paul Rubens (1577-1640) entreprit de se faire construire un palais d’inspiration italienne dont il dessina lui-même les plans : il se fonda sur des études de l’architecture des palais italiens de la Renaissance qu’il avait admirés lors de son séjour en Italie, entre 1600 et 1608 et devait publier ultérieurement, en 1622, dans son ouvrage Palazzi di Genova.

Le Rubenshuis regroupe la maison de l’artiste, une aile à l’italienne qui constituait l’atelier du peintre et une cour intérieure ouvrant sur un jardin par un portique monumental.

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Le portique à l’italienne, en forme d’arc de triomphe, vu de la cour ; au fond, le jardin

La forme du portique s’inspire des arcs de triomphe romains. Le passage central n’est pas arrondi comme de coutume : son arche est brisée, à l’image d’une célèbre porte romaine due à Michel-Ange, la Porta Pia.

La maison est meublée de mobilier d’époque et décorée, de même que l’atelier, d’œuvres du maître et de ses élèves.


D’autres édifices

Les constructions anciennes utilisent fréquemment l’association très décorative de la brique rouge et d’une pierre blanche, le grès.


Article mis à jour le dimanche 4 septembre 2016