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Deux heures à la National Gallery 1/2

Première partie : jusqu’au XVIe siècle

17 décembre 2018, par Madeleine, Pascal

La façade de la National Gallery et, à droite, l’église St Martin-in-the-fields
La façade de la National Gallery et, à droite, l’église St Martin-in-the-fields

Située sur Trafalgar Square, la National Gallery conserve quelques-uns des plus célèbres tableaux du monde. On peut certes y admirer quelques œuvres nationales, mais l’essentiel de la collection est constitué de tableaux d’artistes étrangers qui recouvrent toute l’histoire de l’art du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle.

La collection s’est constituée de manière modeste à partir de 1824 et s’est progressivement enrichie : deux tiers environ des œuvres proviennent de donataires.

Nous présentons ci-dessous quelques chefs d’œuvre admirés lors de notre visite par ordre chronologique de leur réalisation.

XIIIe siècle

La Vierge et l’Enfant avec deux anges - Cimabue - Vers 1265-1280

La Vierge et l’Enfant sur un trône, avec deux anges - Cimabue - vers 1265-1280

Ce tableau propose une interprétation renouvelée d’une image traditionnelle.

Cimabue maintient la majesté de l’Enfant divin qu’on peut voir dans les représentations antérieures mais il introduit une touche de tendresse et une forme de naturalisme par le geste de l’enfant qui touche la main de sa mère.

En plaçant le trône dans un angle, l’artiste crée aussi une impression d’espace et de profondeur.

XVe siècle

Homme et femme - Robert Campin - vers 1435

Homme et femme - Robert Campin - vers 1435

Ces portraits sont ceux de deux époux. Leurs vêtements suggèrent qu’il s’agit de deux bourgeois prospères de la ville de Tournai, alors florissante, où travaillait Campin.

L’arrière des tableaux est marbré, ce qui suggère qu’ils n’étaient pas destinés à être accrochés.

La Madeleine lisant - Rogier van der Weyden - avant 1438

La Madeleine lisant - Rogier van der Weyden - avant 1438
La Madeleine lisant - Rogier van der Weyden - avant 1438

Cette pièce est un fragment d’une œuvre plus grande : c’est vraisemblablement la partie droite d’un retable qui représentait la Vierge et l’Enfant entourés de saints.

On identifie Marie-Madeleine par son pot à onguents. La figure sans tête située derrière elle est probablement saint Joseph.

La silhouette agenouillée et coupée qu’on voit à gauche est celle de saint Jean l’Évangéliste : on la voit sur un dessin qui apparaît comme un enregistrement de la composition du tableau complet.

La bataille de San Romano - Paolo Ucello - 1438-40

La bataille de San Romano - Paolo Ucello - 1438-40

La bataille de San Romano est une escarmouche qui opposa Florence et Sienne en 1432. Les Florentins sont conduits à la victoire par Nicolo da Tolentino, sur un cheval blanc.

La peinture était accompagnée de deux autres panneaux montrant des épisodes de la même bataille : l’un est au Louvre et l’autre au musée des Offices à Florence. L’ensemble avait été commandé par la famille de Bartolini Salimbeni mais Laurent de Médicis convoitait tellement ces tableaux qu’il les fit transporter dans son palais.

Le Christ mort supporté par deux anges - Giovanni Bellini - 1465-70

Le Christ mort supporté par deux anges - Giovanni Bellini - 1465-70
Le Christ mort supporté par deux anges - Giovanni Bellini - 1465-70

Le Christ est représenté au tombeau, avant sa Résurrection. Cette peinture avait sans doute comme propos d’encourager la méditation sur les blessures du Christ.

Giovanni Bellini (1435-1516)
Giovanni Bellini (1435-1516)

Le corps monumental du Christ contraste avec l’aspect juvénile des deux anges dont les expressions graves suscitent la compassion.

Le traitement du Christ rappelle un sujet comparable du même peintre, ci-contre, à gauche, qu’on peut admirer à la pinacothèque de Brera à Milan.

Jeune homme en prière - Hans Memling - Vers 1475

Jeune homme en prière - Hans Memling - Vers 1475
Jeune homme en prière - Hans Memling - Vers 1475

Le jeune homme ici représenté en prière n’est pas clairement identifié, mais son pendentif de joaillerie et les colonnes de marbre doré signalent la prospérité de sa famille.

Devant lui se trouve un livre d’Heures ou un autre ouvrage de prière. L’objet de la dévotion du jeune homme, peut-être une Vierge à l’Enfant, devait être représenté sur un panneau placé en vis-à-vis, à la droite de celui-ci, et aujourd’hui perdu.

Le triptyque Donne - Hans Memling - 1478

Le triptyqye Donne - Hans Memling - 1478

Sir John Donne, un Gallois résidant à Calais, est agenouillé en adoration devant la Vierge et l’Enfant. Il est accompagné par sainte Catherine. Son épouse est également représentée, accompagnée de sainte Barbara.

Sur les panneaux latéraux apparaissent les saints patrons de John Donne. Saint Jean-Baptiste est représenté sur le panneau de gauche avec son agneau, tandis que saint Jean l’Évangéliste est à droite avec l’un de ses attributs : la coupe empoisonnée que lui a donnée un prêtre païen d’Éphèse pour le mettre à l’épreuve.

Portrait d’homme - Antonello da Messina - Vers 1475

Portrait d’homme - Antonello da Messina - Vers 1475
Portrait d’homme - Antonello da Messina - Vers 1475

Représenté de trois quarts, un jeune homme coiffé d’un chapeau rouge fixe le spectateur.

Ce format avait la faveur des peintres flamands, les peintres italiens ayant plutôt l’habitude des représentations de profil.

Le style et la technique de ce panneau le rapprochent également de la manière flamande.

Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marie-Madeleine - Carlo Crivelli - vers 1494

Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marie-Madeleine - Carlo Crivelli - vers 1494
Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Marie-Madeleine - Carlo Crivelli - vers 1494

Ces peintures sont probablement issues d’une prédelle, nom donné à l’ensemble des scènes situées au-dessous du registre principal d’un retable.

Sainte Catherine est appuyée sur la roue de son martyre. Sainte Marie-Madeleine, aux cheveux ondulants dénoués, porte une robe rouge et tient son pot à onguents.

Crivelli joue ici avec l’espace : les pieds des saintes sortent des niches dans lesquelles elles se trouvent pour envahir l’espace du spectateur tandis qu’une mouche semble voler entre le spectateur et la sainte sur le panneau qui représente sainte Catherine.

XVIe siècle

Le doge Leonardo Loredan - Giovanni Bellini - 1501-2

Le doge Leonardo Loredan - Giovanni Bellini - 1501-2
Le doge Leonardo Loredan - Giovanni Bellini - 1501-2

Le modèle porte le chapeau et la robe de cérémonie du doge de Venise. Il est identifié par comparaison avec des médailles à son effigie qui portent mention de son nom.

Le tableau fut vraisemblablement commandé à l’occasion de la prise de fonction du doge.

Giovanni Bellini était alors le plus grand peintre vénitien.

La Vierge aux rochers - Leonardo da Vinci - 1491-2 puis 1506-8

La Vierge aux rochers - Leonardo da Vinci - 1491-2 puis 1506-8

L’Enfant Jésus, assis à droite et soutenu par un ange, bénit son cousin saint Jean-Baptiste qu’on reconnaît à sa croix.

La Vierge est en connectée aux deux personnages précédents : une de ses mains est au-dessus de son fils tandis que, de l’autre, elle touche l’épaule de Jean-Baptiste.

Cette grande peinture est une interprétation hautement originale de la doctrine de l’Immaculée Conception, sujet du retable auquel le tableau appartenait.

Ce dogme affirmait que, bien que née de parents humains, la mère du Christ était préservée de toute trace du péché originel.

Mystérieuse par nature, l’Immaculée Conception de la Vierge était largement débattue et posait aux artistes de véritables problèmes de représentation.

En montrant la Vierge comme une beauté surnaturelle entourée d’un paysage idéalisé où n’apparaît nulle trace humaine, l’œuvre de Leonardo met en valeur le rôle de la Vierge comme intermédiaire entre l’humanité et Dieu.

Les rochers qui donnent leur nom au tableau peuvent renvoyer aux paysages de la nuit des temps ou au désert où vécut le Christ après la fuite en Égypte.

Sainte Catherine d’Alexandrie- Raphaël - vers 1507

Sainte Catherine d’Alexandrie- Raphaël - vers 1507

Sainte Catherine est appuyée sur la roue qui doit être celle de son martyre mais qui se brisera miraculeusement.

Elle est tournée vers la lumière céleste.

Travaillant avec des motifs circulaires et des courbes, Raphaêl crée l’illusion d’une harmonie sous-jacente de l’univers confirmée par l’extase spirituelle de la sainte.

La Vierge et l’Enfant avec des saints et un donateur - Gérard David - Probablement 1510

La Vierge et l’Enfant avec des saints et un donateur - Gérard David - Probablement 1510
La Vierge et l’Enfant avec des saints et un donateur - Gérard David - Probablement 1510

La scène se situe dans un jardin clos de murs, symbole de la pureté de la Vierge. Au-delà des murs, une ville à l’architecture typiquement flamande.

Le Christ enfant passe l’anneau du mariage mystique au doigt de Catherine d’Alexandrie. À droite, sainte Barbara, devant la tour où elle fut emprisonnée. Derrière elle, saint Antoine Abbé.

À gauche, le donateur agenouillé est Richard de Visch de la Chapelle, cantor de l’église Saint-Donatien de Bruges. C’est très vraisemblablement lui qui passa commande de cette toile pour l’autel de Sainte-Catherine de la chapelle de Saint-Antoine dans l’église Saint-Donatien.

Portraits de Johann l’Inébranlable et de Johann Friedrich le Magnanime - Lucas Cranach l’Ancien - 1509

Portraits de Johann l’Inébranlable et de Johann Friedrich le Magnanime - Lucas Cranach l’Ancien - 1509
Portraits de Johann l’Inébranlable et de Johann Friedrich le Magnanime - Lucas Cranach l’Ancien - 1509

Le portrait de l’électeur de Saxe, à gauche, est associé à celui de son fils, âgé de six ans.

Le chapeau du garçon est orné de magnifiques plumes d’autruche.

L’association des portraits du père et du fils est inhabituelle : l’enfant prend ici la place de sa mère décédée.

Portrait de femme - Lucas Cranach l’Ancien - Vers 1525

Portrait de femme - Lucas Cranach l’Ancien - Vers 1525
Portrait de femme - Lucas Cranach l’Ancien - Vers 1525

Ce portrait de femme ne porte qu’un seul signe distinctif : une lettre "M" sur le corps du vêtement de la femme.

Ceci pourrait indiquer qu’il s’agit du portrait d’un modèle précis et non pas simplement de celui d’une belle femme idéalisée.

Lucas Cranach l’Ancien peignit en effet ces deux sortes de portraits.

Portrait de Jules II - Raphaël - 1511

Portrait de Jules II - Raphaël - 1511
Portrait de Jules II - Raphaël - 1511

Le pape Jules II porta une barbe à partir de 1511 en signe de deuil après la perte de Bologne.

Les glands qui ornent son trône sont les emblèmes de sa famille, les della Rovere.

Bien que considéré à l’époque comme l’un des plus grands portraits réalisés par l’artiste, ce tableau n’a été effectivement attribué à Raphaêl qu’en 1970.

Noli me tangere - Titien - 1514

Noli me tangere - Titien - 1514
Noli me tangere - Titien - 1514

Après la Résurrection, le Christ apparaît à Marie-Madeleine qui le prend tout d’abord pour un jardinier. On le voit ici tenant une houe.

Marie-Madeleine porte son habituelle robe rouge.

Le Christ la prie de ne point le toucher (Noli me tangere) mais d’informer les Apôtres qu’il est ressuscité.

Les ambassadeurs - Hans Holbein le Jeune - 1533

Les ambassadeurs - Hans Holbein le Jeune - 1533

Jean de Dinteville, à gauche, était ambassadeur de France à la cour d’Henri VIII en 1533. L’inscription qui figure sur son épée indique qu’il est dans sa 29e année. Georges de Selve, évêque de Lavaur, était pour sa part en visite à Londres en avril 1533. Le livre sur lequel son bras s’appuie indique qu’il a 25 ans. Le tableau fut peint pour Dinteville et fut accroché dans le chateau de Dinteville à Polisy en Champagne.

La signification des objets posés sur les étagères a été débattue. La corde cassée du luth pourrait être une allusion aux querelles religieuses de l’époque de la Réforme.

Sur le sol entre les deux personnages se trouve la représentation d’un crâne sous la forme d’une anamorphose.

La famille Vendramin - Titien - Vers 1540-45

La famille Vendramin - Tiziano - Vers 1540-45

Cette toile est le plus grand portrait de groupe du Titien. Andrea Vendramin est agenouillé au centre à côté de son frère Gabriel. Ils sont accompagnés par les sept fils d’Andrea.
Ils sont en adoration devant une relique de la Vraie Croix à laquelle cette puissante famille vénitienne est liée.

Les garcons de gauche ont été réalisés par un élève du Titien.

Allégorie du temps gouverné par la prudence - Titien - 1565

Allégorie du temps gouverné par la prudence - Titien - 1565
Allégorie du temps gouverné par la prudence - Titien - 1565

Trois têtes d’hommes sont superposées à trois têtes d’animaux : à gauche un vieil homme et un loup, au centre un homme d’âge mûr et un lion, à droite un jeune homme et un chien.

Au-dessus de leur têtes on peut voir une devise écrite en latin, disposée en trois groupes de mots de gauche à droite : ex praterito praesens / prudenter agit / ne futura actione deturpet, ce qui signifie : « informé du passé, / le présent agit avec prudence, / de peur qu’il n’ait à rougir de l’action future ».

La famille de Darius devant Alexandre - Paolo Véronèse - 1565

La famille de Darius devant Alexandre - Paolo Véronèse - 1565

Après la défaite du roi des Perses, son épouse implore la clémence d’Alexandre. Cependant, elle confond Alexandre et son ami Hephaestion. Alexandre, en armure rouge, retourne cette erreur en un compliment pour Hephaestion, "un autre Alexandre", et assure la famille de Darius de sa protection.

Portrait de Vincenzo Morosini - Jacopo Tintoretto - Vers 1575

Portrait de Vincenzo Morosini - Jacopo Tintoretto - Vers 1575
Portrait de Vincenzo Morosini - Jacopo Tintoretto - Vers 1575

Comme nombre de portraits officiels de Vénitiens de haut rang réalisés par Tintoretto, celui-ci témoigne à la fois du pouvoir du modèle et d’une certaine fragilité physique.

Les riches brocarts et l’hermine de Morosini sont l’écho de sa puissance et des multiples charges qu’il avait à Venise et dans les possessions de la Sérénissime.

L’étole d’or qu’il porte sur l’épaule est un insigne de chevalerie de Venise.

Le Christ chassant les marchands du temple - El Greco - vers 1600

Le Christ chassant les marchands du temple - El Greco - vers 1600
Le Christ chassant les marchands du temple - El Greco - vers 1600

La colère du Christ est dirigée contre les marchands qui sont installés dans le temple de Jérusalem.

Le petit relief qui les surmonte montre un ange qui chasse Adam et Ève du paradis terrestre.

Au-dessus des Apôtres, on distingue un relief illustrant le sacrifice d’Isaac qui symbolise le sacrifice du Christ sur la Croix.


Article mis à jour le dimanche 23 décembre 2018