Le site de Madeleine et Pascal

En Ionie, une prestigieuse cité grecque

Éphèse

Aujourd’hui Selçuk

4 avril 2008, par Madeleine, Pascal


Maison de la Vierge ou église du Monastère des Trois Portes
Maison de la Vierge ou église du Monastère des Trois Portes

L’histoire d’Éphèse est en particulier celle d’un temple à Artémis qui, achevé en - 323, fut l’une des sept merveilles du monde.

Cependant, son monument le plus célèbre aujourd’hui est la bibliothèque de Celsus construite en 117 par Caius Julius Aquila pour servir de monument funéraire à son père, proconsul de la province d’Asie entre 105 et 107. Pour faire accepter aux Éphésiens la présence d’un semblable monument en plein cœur de la ville, il fallut consentir à transformer le bâtiment en bibliothèque.

La ville est également liée au souvenir de la Vierge et à celui de saint Jean.

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La bibliothèque de Celsus


La ville antique

La ville grecque est un port très important de la côte égéenne. À l’ ;époque hellénistique, le port s’étant peu à peu envasé, Éphèse est refondée par Lysimaque, l’un des généraux d’Alexandre. Elle devient ensuite capitale administrative de la province romaine d’Asie et restera importante sous l’empire romain d’Orient par sa situation stratégique sur les routes commerciales de la Méditerranée orientale : intermédiaire entre les ports de Constantinople et d’Égypte, c’est un point de relâche pour les bateaux.

La basilique de Saint Jean

Éphèse est aussi l’un des berceaux de l’Église : saint Paul y séjourna pendant trois ans entre 55 et 57, au fil de ses voyages en Asie mineure. Selon la tradition, l’apôtre Jean vint finir ses jours à Éphèse et c’est sur sa tombe présumée que Justinien construisit au VIe siècle la basilique de Saint-Jean. Deux conciles œcuméniques eurent lieu à Éphèse : l’un, en 431, résolut la question de la nature de la Sainte-Trinité et le second, en 449, régla le cas de l’hérésie monophysite qui reniait la double nature - humaine et divine - du Christ et enseignait qu’il n’avait eu qu’une nature après son Incarnation.

La mosquée d’Isa Bey

Isa Bey règna sur l’émirat d’Éphèse (Ayasoluk) pendant les trente années qui précédèrent l’avènement de la puissance ottomane. Construite sur les plans d’un architecte de Damas et inaugurée en 1375, la grande mosquée de style seldjoukide est le premier monument public majeur (hormis les remparts) à être construit à Éphèse depuis l’Antiquité tardive. Elle témoigne de la permanence de la prospérité de la ville.

Le temple d’Artémis et le musée

L’Artémis d’Éphèse n’est pas totalement assimilable à l’Artémis grecque. D’origine anatolienne, elle a pris la suite du culte de Cybèle : déesse-mère de la végétation et de la fécondité, elle est aussi la protectrice des jeunes filles. En tant que déesse de la fécondité, elle est parfois confondue avec Ilithye, la protectrice des accouchements. Elle présidait aussi à Éphèse à l’existence d’un collège de prostituées sacrées (les hiérodules) attachées à son temple.

Artémis était la déesse la plus puissante d’Éphèse car elle possédait aussi le pouvoir d’autres déesses : régnant sur les signes du zodiaque donc sur la destinée des hommes, elle était aussi la déesse chasseresse et la déesse de la Lune. Dans ces derniers attributs, elle rejoint l’Artémis grecque.


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Article mis à jour le mardi 7 février 2017