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La manufacture des tabacs à Lille

4 décembre 2007, par Pascal
 

Mon arrière grand-mère Appoline Depienne est née en 1859 à Faches
et habitait rue de la Vignette à Lille dans le quartier Saint-Sauveur.

L’acte de naissance de sa fille - prénommée aussi Appoline [1] - en 1879 nous apprend que sa profession était cigarière.

Loin de l’usine moderne SEITA située près du périphérique, c’est bien à Lille intra-muros que se trouvait la manufacture où Appoline travaillait.

La Manufacture des Tabacs

La manufacture des tabacs se situait entre la rue du Pont-Neuf et la rue des Bateliers à côté de l’église de la Madeleine qui allait devenir église Sainte-Marie-Madeleine et qu’on surnomme "grosse Madeleine". Cliquez ici pour consulter le plan.

Au chapitre XVI des "Tablettes d’un bourgeois de Lille" d’Etienne Durand, on trouve une description, dans un style très "lyrique", de cette manufacture des tabacs en 1873 dont voici quelques extraits :

Au-delà de l’eau malsaine,
Lille ne connaît qu’à peine
Un monument colossal,
Qui près du rempart se traîne
Devers Sainte-Madeleine.
Là se fait le caporal !

Vous voyez d’ici, près de la caserne de gendarmerie et du quartier de cavalerie, une façade sombre et massive que perce une entrée en voûte.
[...]
L’édifice ne remonte pas au-delà du commencement de ce siècle et il a été construit par l’architecte Louis Verly.

C’est la Manufacture des Tabacs : c’est là que la plante solanée qui s’aligne en files symétriques dans les champs d’alentour, se transforme, par l’effet de l’industrie humaine, en toute sorte de choses friandes, telles que les touffes odorantes du caporal (prononcez "scaferlati"), les paquets de blonds cigares, et les cordes savoureuses qui attachent le chiqueur au char triomphal de la déesse Nicotine.
[...]

Les ateliers des cigarières sont situés, comme je l’ai dit, dans la partie supérieure des bâtiments. Une double série de tables-bureaux s’étend d’un bout à l’autre, dans le sens de la largeur, de manière à laisser un passage au milieu. Devant chacune de ces tables, quatre ou cinq ouvrières sont assises, ayant devant elles un paquet de "robes", un monceau de bourres, un pot à colle (de la farine délayée dans du jus de tabac) et un couteau de forme particulière. Elles réunissent dans un lambeau de feuille quelques brins qu’elles roulent de manière à former une sorte de cigarette, puis elles enroulent une robe en spirale autour du petit paquet, collent un bout en po(in)te, tranchent l’autre, et le cigare est fait.
[...]

Le personnel de la manufacture de Lille est variable. Au moment où je l’ai visitée, elle occupait 350 hommes et 500 femmes, et les ateliers de cigarières étaient loin d’être au complet.

L’ensemble est aujourd’hui détruit et à côté de l’église de la Madeleine, se trouve désormais un ensemble immobilier résidentiel bordé par le square du pont Neuf.

Une carte postale (vers 1908) de la manufacture est reproduite sur le site Lille d’antan.

[1Ce prénom, rare, vient du latin "apollinaris", qui concerne Apollon, le dieu grec de la lumière.
Le prénom masculin est Apollinaire. L’orthographe du prénom est très variable.


Article mis à jour le 7 avril 2016