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Les tombeaux saâdiens à Marrakech

La nécropole de la dynastie saâdienne
27 juin 2015, par Madeleine, Pascal
 

Ces tombeaux constituent un complexe funéraire de la dynastie saâdienne.

Le premier mausolée fut érigé par le sultan Abdallah al-Ghâlib en 1557 pour abriter la tombe de son père Mohammed ech-Cheikh, premier sultan saâdien (de 1554 à 1557). Par la suite, Ahmed al-Mansour fit procéder à des travaux d’agrandissement et d’embellissement et y enterra son père, sa mère Lalla Mesaouda et son frère. Il fut également inhumé en ces lieux, ainsi que plusieurs de ses successeurs et membres de la famille saâdienne.

À gauche, la mosquée qu’on longe avant d’accéder aux tombeaux
À gauche, la mosquée qu’on longe avant d’accéder aux tombeaux

On accédait jadis à cette nécropole royale par une porte communiquant avec la mosquée limitrophe fondée par le calife almohade Yacoub al-Mansour. On y accède aujourd’hui en longeant cette mosquée puis en empruntant un passage qui conduit vers un espace à ciel ouvert occupé par un cimetière et un jardin, délimités par une haute muraille intérieure : en effet, l’ensemble fut muré et complètement dissimulé aux regards par la dynastie alaouite et ne fut redécouvert qu’en 1917.

La nécropole est constituée de deux ensembles architecturaux séparés par le cimetière : un premier ensemble où se trouve le tombeau d’Ahmed Al-Mansour et un second ensemble connu sous le nom de qubba (en arabe, coupole) Lalla Messaouda.

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Vue d’ensemble des monuments, prise depuis l’est
À droite, le mur de la mosquée, au centre la qubba de Lalla Messaouda et, à gauche, en arrière-plan, les toitures du premier ensemble dont les façades sont surmontées d’un mur crénelé.

Les plans présentés sont ceux dressés par l’architecte A. Gilles en 1924 ; on les trouve sur le site web Ce Maroc Bien-Aimé .

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Plan d’ensemble : à gauche, le premier ensemble architectural où se trouve le tombeau d’Ahmed Al-Mansour et, au centre, le mausolée de Lalla Messaouda.

Le premier ensemble et le tombeau d’Ahmed al-Mansour

Cet édifice comporte un oratoire ou salle du mirhab, une salle principale, dite salle aux douze colonnes, complétée, sur sa droite, par la salle des trois niches à laquelle il n’est pas possible d’accéder.

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Le premier ensemble : de gauche à droite, l’oratoire, la salle aux douze colonnes et la salle aux trois niches
Le document est le plan de masse dressé en 1924 par l’architecte A. Gilles.

La salle du mirhab

Dans l’oratoire, quatre colonnes délimitent trois nefs et trois travées.

La salle aux douze colonnes

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La salle aux douze colonnes : au fond, deux groupes de trois colonnes

Dans cette salle, quatre groupes de trois colonnes de marbre de Carrare délimitent un espace carré central décoré de grands arcs à muqqarnas et entouré d’espaces de circulation. Les colonnes soutiennent des plafonds de bois sculpté, La salle abrite 36 tombes parmi lesquelles celles du bâtisseur de cet ensemble funéraire, Ahmed al-Mansour, et de ses successeurs immédiats.

La qubba de Lalla Messaouda

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La qubba vue de l’ouest
À gauche, sous l’arcade, le passage qui conduit à la mosquée ; à droite, le mur d’enceinte sud et ses bastions.

L’allée qui traverse le cimetière permet d’atteindre le second ensemble. Le noyau initial de cet édifice est constitué, au centre, par la salle dans laquelle se trouve le tombeau de Lalla Messaouda, mère d’Ahmed el-Mansour. Ce noyau fut complété par une grande salle ouverte par des loggias.

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Plan de la qubba Lalla Messaouda

Les deux loggias ouvrant à l’ouest et à l’est sont semblables : leurs portiques sont soutenus par des colonnes de marbre blanc surmontées de consoles ornées de stucs et dominées par des arcs à muqarnas et des linteaux en bois de cèdre sculpté. Outre le tombeau de Lalla Messaouda qui se trouve au centre de l’édifice, de nombreux autres tombeaux sont visibles.

Les décors de stucs et de céramique et les plafonds de cèdre de cet ensemble évoquent les productions hispano-maghrébines des siècles précédents et notammentl’Alcazar de Séville ou les palais nasrides de l’Alhambra de Grenade. Par cette réalisation, l’art saâdien s’inscrit dans la tradition andalouse désormais assimilée.

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Article mis à jour le 10 décembre 2016