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Tolède aux époques Renaissance et baroque

14 novembre 2013, par Madeleine, Pascal
 

À la chute du royaume de Grenade en 1492, tout le territoire de la péninsule ibérique revint aux royaumes chrétiens : les Rois Catholiques et leurs successeurs marquèrent cette étape essentielle par l’édification de monuments prestigieux, tant à Tolède qu’à Grenade. Charles-Quint fit de Tolède sa capitale, avant que Philippe II ne la transfère à Madrid.

C’est la période où les souverains espagnols firent appel aux plus grands artistes ; parmi eux, Le Greco résida longuement à Tolède où il réalisa un grand nombre de ses œuvres.

La nouvelle porte de Bisagra

La nouvelle porte de Bisagra

Les deux faces de la porte
Les deux faces de la porte

Édifiée à la demande de Charles-Quint par Covarrubias, cette porte venait doubler la Puerta Bisagra Antigua, d’origine arabe. La partie qui donne vers la route de Madrid, au nord, possède un arc couronné d’un gigantesque écusson impérial et flanqué par deux grands donjons circulaires.

La partie tournée vers la ville comporte deux donjons carrés coiffés d’une toiture.

Dans l’église Santo Tomé, un chef-d’œuvre du Greco

L’enterrement du comte d’Orgaz

Ce tableau fut commandé au Greco en 1586, près de 250 ans après le décès du comte, pieux bienfaiteur de l’église Santo Tomé, pour orner la chapelle funéraire de la famille d’Orgaz dans cette même église. La toile évoque la légende selon laquelle, saint Augustin d’Hippone et saint Étienne seraient apparus pour aider à ensevelir le corps du comte. Le tableau, emblématique du siècle d’or espagnol, est considéré comme un chef-d’œuvre du maniérisme.

Dans son registre inférieur, la toile représente donc l’enterrement de Gonzalo Ruiz de Toledo, seigneur d’Orgaz, mort au début du XIVe siècle. Autour du corps soutenu par les deux saints, on voit, à gauche, deux religieux qui assistent à l’ensevelissement, tandis qu’à droite un prêtre invoque le Ciel. Au fond se trouvent des grands d’Espagne, amis du comte ou commanditaires du tableau. Au premier plan, un enfant désigne la scène de son doigt, c’est le fils du Greco. Dans la partie supérieure de la toile, Jean Baptiste (de dos) intercède auprès de la Vierge, à gauche, et de Jésus, au centre en blanc, pour que l’âme du défunt rejoigne le royaume des cieux.

Le tableau est scindé en deux parties : le Ciel au sein de nuées baignées de lumière et la Terre où la scène nocturne est éclairée par des torches. Les membres de la communauté écoutent le prêtre qui regarde le Ciel et les rend témoins de la scène, comme dans un songe. La coupure en deux du tableau, entre Ciel et Terre, est commune à nombre de tableaux renaissants et gothiques où les témoins sont réunis dans la partie basse du tableau.

L’hôpital de Santa Cruz

Hommage à Covarrubias
Hommage à Covarrubias
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Cet hôpital fut édifié au XVIe siècle à l’initiative du cardinal Mendoza, pour recueillir les malades et les enfants abandonnés. Son plan en croix grecque autour d’une tour lanterne définit quatre patios, dans chacun des angles de la croix.

La façade de style plateresque est l’œuvre du sculpteur Alfonso de Covarrubias. L’édifice est aujourd’hui un musée.

Visite de l’édifice

La façade de Covarrubias
La façade de Covarrubias

Détail du portail plateresque
Détail du portail plateresque
Au tympan, Saint Pierre, à gauche, présente le (...)

Quatre ailes convergent sous la tour centrale
Quatre ailes convergent sous la tour centrale

La voûte de la tour-lanterne
La voûte de la tour-lanterne

La tour-lanterne domine la croisée des quatre ailes de l’édifice
La tour-lanterne domine la croisée des quatre ailes de l’édifice

Vue d’ensemble d’un des patios et de ses galeries
Vue d’ensemble d’un des patios et de ses galeries

Dans les escaliers d’un des patios
Dans les escaliers d’un des patios

Les clous de la porte ont un décor en forme de croix grecque
Les clous de la porte ont un décor en forme de croix grecque

Les collections

Une des plus belles pièces du musée est une tapisserie flamande du XVe siècle. Elle mesure 8 mètres de long sur 4 mètres de haut et représente le zodiaque. À gauche, le Père éternel ordonne à Atlas, en bas, de soutenir le monde tandis que l’Agilité le met en mouvement et que la Mobilité tourne une manivelle. Au centre on identifie quelques constellations (l’Étoile polaire, la Petite ourse et la Grande ourse, Le Bouvier, Hercule, les Poissons, la Baleine…) et des personnages mythiques (Thésée, Persée, la Gorgone, Andromède). À droite se tiennent, debout, l’Astrologie, et sur un trône, la Philosophie.

Sculpture wisigothe
Sculpture wisigothe

Pierre incisée d’un décor végétal
Pierre incisée d’un décor végétal

La Ascunsion Oballe du Greco
La Ascunsion Oballe du Greco
Les mains sur la poitrine et la tête couverte (...)

Tapisserie flamande du XV<sup>e</sup> siècle
Tapisserie flamande du XVe siècle

Dieu, Atlas, la Mobilité et l’Agilité
Dieu, Atlas, la Mobilité et l’Agilité

Persée tenant la tête de la Gorgone
Persée tenant la tête de la Gorgone

Étoiles et constellations : Hercule, le Bouvier, Petite ourse et Grande ourse…
Étoiles et constellations : Hercule, le Bouvier, Petite ourse et Grande ourse…

L’astrologie et le Centaure
L’astrologie et le Centaure

Le monastère San Juan de los Reyes

Le monastère franciscain de Saint-Jean-des-Rois fut construit à partir de 1477, à l’initiative des Rois Catholiques, en vue d’en faire leur mausolée royal. Il est attaché à la bataille de Toro (1476), épisode de la guerre de succession de Castille qui se conclut par le reconnaissance d’Isabelle en tant que reine de Castille. Le monument est très représentatif du style gothique isabélin : il mêle au style gothique international quelques touches de style mudéjar et même Renaissance.

L’édifice comprend une riche décoration sculptée où les symboles royaux sont omniprésents : outre les blasons sculptés en façade, les initiales des Rois Catholiques, F pour Fernando et Y pour Ysabel, surmontés d’un faisceau de flèches (Fasces) et d’un joug (Yugo) et enfin leur divise Tanto monta sont partout.

Les emblèmes royaux surmontés d’un aigle auréolé
Les emblèmes royaux surmontés d’un aigle auréolé

L’aigle auréolé, rappelle que Saint Jean est patron de la famille de Castille
L’aigle auréolé, rappelle que Saint Jean est patron de la famille de Castille

La nef de l’église et son coro surélevé en tribune
La nef de l’église et son coro surélevé en tribune

Détail des décors
Détail des décors

Le dôme octogonal de l’église
Le dôme octogonal de l’église

Azulejos
Azulejos

Le cloître
Le cloître

La coupole octogonale qui domine la croisée du transept, vue depuis le cloître
La coupole octogonale qui domine la croisée du transept, vue depuis le cloître

Le cloître présente des arcades flamboyantes surmontées, à l’étage, de pinacles très élancés. Sa galerie supérieure est couverte d’un plafond artesonado. Le décor sculpté du cloître fait voisiner les insignes de la puissance royale avec des détails sculptés naïfs relevant d’un bestiaire réaliste ou fantastique.

Dans la galerie inférieure du cloître
Dans la galerie inférieure du cloître

La galerie supérieure du cloître
La galerie supérieure du cloître

Détail d’une arcade de la galerie supérieure du cloître
Détail d’une arcade de la galerie supérieure du cloître
On lit la devise des Rois catholiques "Tanto (...)

Plafond de la galerie du cloître
Plafond de la galerie du cloître
On lit la devise des Rois catholiques et (...)

Détail d’un plafond de la galerie du cloître
Détail d’un plafond de la galerie du cloître
À nouveau des emblèmes royaux.

Décor animalier dans l’encadrement d’une porte du cloître
Décor animalier dans l’encadrement d’une porte du cloître

Détail sculpté du cloître : à nouveau, l’aigle auréolé
Détail sculpté du cloître : à nouveau, l’aigle auréolé

Détail sculpté du cloître
Détail sculpté du cloître

Visiter Tolède et sa cathédrale

Visiter L’art mudéjar à Tolède

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Article mis à jour le 1er novembre 2016