Le site de Madeleine et Pascal

L’Escurial

Colossal
6 novembre 2013, par Madeleine, Pascal
 

Le palais de l’Escurial est situé dans la Sierra de Guadarrama, à une quarantaine de kilomètres de Madrid. Il inclut depuis l’origine un monastère et fut commandé en 1557 par Philippe II à Juan de Herrera, architecte par ailleurs de la cathédrale de Valladolid et des Archives générales des Indes de Séville.

La construction de l’Escurial se poursuivit jusqu’en 1584. Le palais fut une résidence d’été du souverain. Il abrite le panthéon de la famille royale depuis Charles-Quint.

Arrivée au palais de l’Escorial
À gauche, le dôme de la basilique

L’édifice est particulièrement austère et solennel ; cette impression est renforcée par la couleur grise des matériaux, un granit de la Sierra de Guadarrama employé pour les murs, d’une part et l’ardoise des toitures, d’autre part.

Philippe II fit venir des artistes afin de constituer une collection de tableaux pour orner son palais. Parmi eux figurait El Greco à qui il commanda en 1579 une représentation du martyre de saint Maurice destinée à décorer la basilique San Lorenzo de l’Escorial. Le tableau ne plut malheureusement ni au roi, ni à la cour, ni à l’Inquisition.

   Patio de Reyes
Patio de Reyes
Les rois en question, dont les représentations (...)

Le martyre de Saint Maurice, du Greco
Le martyre de Saint Maurice, du Greco

L’histoire de saint Maurice ou Maurice d’Agaune

Eucher de Lyon (370-449), issu d’une grande famille gallo-romaine et sénateur d’Aquæ Sextiæ, fut moine à Lérins, ermite dans le Luberon puis évêque de Lyon de 435 à 449. Il raconte l’histoire de Maurice :

Il y avait à cette époque une légion de soldats, de 6 500 hommes, qu’on appelait les Thébains. Ces guerriers, valeureux au combat, mais plus valeureux encore dans leur foi, étaient arrivés des provinces orientales pour venir en aide à Maximien. Comme bien d’autres soldats, ils reçurent l’ordre d’arrêter des chrétiens. Ils furent toutefois les seuls qui osèrent refuser d’obéir. Lorsque cela fut rapporté à Maximien, qui se trouvait alors dans la région d’Octodurum (Martigny aujourd’hui), il entra dans une terrible colère. Il donna l’ordre de passer au fil de l’épée un homme sur dix de la légion, afin d’inculquer aux autres le respect de ses ordres.
Les survivants, contraints de poursuivre la persécution des chrétiens, persistèrent dans leur refus. Maximien entra dans une colère plus grande encore et fit à nouveau exécuter un homme sur dix. Ceux qui restaient devaient encore accomplir l’odieux travail de persécution. Mais les soldats s’encouragèrent mutuellement à demeurer inflexibles. Celui qui incitait le plus à rester fidèle à sa foi, c’était saint Maurice qui, d’après la tradition, commandait la légion. Secondé par deux officiers, Exupère et Candide, il encourageait chacun de ses exhortations. Maximien comprit que leur cœur resterait fermement attaché à la foi du Christ, il abandonna tout espoir de les faire changer d’avis. Il donna alors l’ordre de les exécuter tous. Ainsi furent-ils tous ensemble passés au fil de l’épée. Ils déposèrent les armes sans discussion ni résistance, se livrèrent aux persécuteurs et tendirent le cou aux bourreaux.

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En logo, dessin de l’Escurial vers 1850 par les frères Rouargue.


Article mis à jour le 21 novembre 2016