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Un couvent à Saint-Jans Cappel

16 janvier 2007, par Pascal
 

Près de Bailleul, au milieu des bois, il exista jadis un
couvent d’anachorètes dont on aperçoit encore les fossés.
Les bâtimen(t)s furent démolis au treizième siècle. Ces solitaires,
si l’on en croit la tradition, ne sortaient jamais que
de nuit pour se procurer les fruit et les racines dont ils
faisaient leur unique nourriture ; espèce d’êtres sauvages,
sinon à charge, du moins inutiles au monde, et qui, sous
le ciel humide du Nord, voulaient transporter les usages
des bramines. La contemplation a ses zones, et il n’est permis
de s’y livrer que sous le beau ciel de l’Inde ou de l’Italie.

Les moines de Saint-Jean faisaient voeu d’ignorance ; mais
la civilisation, par ses progrès, les chassa hors de leur re
fuge. Les lumières gagnèrent leur couvent, et le nombre
des cénobites se réduisit, à mesure que la raison prit dans
ces contrées plus d’empire. 0n Ies avait rencontrés au sein
des ombres, et comme des ombres mêmes parcourant les
vallées incultes, faisant peur aux voyageur égarés et aux
femmes imprudentes. Mais cette fantasmagorie, très propre
à servir de base à l’intrigue de quelque roman, cessa peu à
peu, et par la force de l’opinion, et par les soins de l’autorité
civile, et par les ordres mêmes de la puissance ecclésiastique.
Le doyen du couvent, resté seul à la fin, ne put réparer les
bâtimen(t)s, et, avec les débris de l’ancien monastère,
on lui éleva une maison qui, après lui, passa à des
laïques, et qui subsiste même encore : dans le pays on l’appelle
le Cloître.


Extrait de "Description du département du Nord"
par F. Grille
Paris, Sazerac et Duval, éditeurs 1825-1830
Numérisé par NorNum


Article mis à jour le 19 mars 2007