Le site de Madeleine et Pascal

L’univers zoroastrien

Temples du feu et tours du silence
10 septembre 2012, par Madeleine, Pascal
 

La religion zoroastrienne, du nom de Zoroastre, forme grecque de Zarathoustra, est encore appelée mazdéisme, du nom de la divinité suprême Ahura-Mazda. On pense aujourd’hui qu’elle n’a pas été révélée par Zoroastre, qui n’en serait donc pas le prophète, mais qu’elle préexistait. Zoroastre pourrait avoir vécu au premier millénaire avant l’ère chrétienne et serait plutôt un mystique qui aurait mis en forme la tradition.

Kartir, le mage des mages
Kartir, le mage des mages

Le mazdéisme fut érigé en religion d’état au début de l’époque sassanide. La Perse fut alors divisée en districts ecclésiastiques confiés à des prêtres de rang supérieur ou mōbadh, eux-mêmes placés sous l’autorité du mōbadhān mōbadh. Cette unification fut l’œuvre de Kartir dont la carrière de mōbadh commença sous le règne de Shâpur Ier et qui devint mōbadhān mōbadh sous le règne de son successeur. Les prêtres de rang inférieur étaient des mōgh, terme transcrit en magus chez les Gréco-latins puis en mage.

Même si le XIXe siècle vit en cette religion le premier avatar du monothéisme, on la considère plutôt aujourd’hui comme un hénothéisme, c’est-à-dire une forme de croyance qui n’est ni proprement monothéiste, ni proprement polythéiste : un dieu, ici Ahura-Mazda, en pehlevi Ohrmazd, joue un rôle prédominant sur les autres, par exemple Anahita ou Mithra, ce qui lui vaut un culte préférentiel.

La doctrine zoroastrienne privilégie la recherche des bonnes pensées, des bonnes paroles et des bonnes actions, opposées aux mauvaises. On retrouve cette opposition dans la lutte entre les divinités bienfaisantes et les divinités malfaisantes, par exemple entre l’esprit du bien Spenta Mainyu, fils d’Ahura-Mazda, d’une part, et l’esprit du mal Angra Mainyu (Ahriman en pehlevi) d’autre part.

Les nombreux génies malfaisants appelés div, très présents dans le Shâh-nâméh, témoignent aussi de cette opposition entre le bien et le mal.

Autels du feu et temples du feu

Le temple du feu de Yazd
Les colonnes et la façade sont d’inspiration achéménide.

Les quatre éléments (eau, air, terre et feu) sont des symboles de pureté. Contrairement aux trois autres éléments, le feu nécessite, pour se maintenir, une intervention humaine. Les autels du feu jouent ainsi un rôle important dans le culte zoroastrien.

Ce peuvent être de simples pyrées (autels du feu situés en extérieur) comme dans le village de Cham. Ils sont éventuellement protégés par un chahar-taq, ensemble de quatre colonnes surmontées d’un dôme.

Il peut aussi s’agir d’autels installés dans des édifices spécifiques appelés atashgâh ou atashkadeh comme le temple du feu de Yazd dont la salle la plus sacrée contient un autel du feu.

Sur le fronton du temple, le fravahar
Sur le fronton du temple, le fravahar
Cette représentation de la divinité sur fond (...)

L’autel du feu au temple du feu de Yazd
L’autel du feu au temple du feu de Yazd
Sur cet autel, le feu est entretenu depuis (...)

Autel du feu en plein air dans le village de Cham
Autel du feu en plein air dans le village de Cham
Cet autel du feu est simplement dans la cour (...)

L’autel du feu de Cham est au pied d’un cyprès vénérable
L’autel du feu de Cham est au pied d’un cyprès vénérable

Autre vue du cyprès de Cham
Autre vue du cyprès de Cham

Pur et impur : les tours du silence

En haut de la tour du silence de Cham

Selon les préceptes zoroastriens, l’eau, l’air, la terre et le feu sont des symboles de pureté qu’il convient absolument de préserver de toute souillure et plus spécialement de la putréfaction. Les corps des défunts ne peuvent donc ni être inhumés ni être incinérés.

Les zoroastriens déposaient les corps sur des tours du silence édifiées en des lieux isolés. Après le rapide décharnement des cadavres par les vautours, les ossements étaient collectés dans des ostothèques. Pour des raisons d’hygiène, la pratique du décharnement a été interdite à la fin du XXe siècle et les zoroastriens sont désormais enterrés dans des cimetières modernes selon des modalités préservant leurs croyances.

Aux portes de Yazd, deux tours du silence
Aux portes de Yazd, deux tours du silence

Arrivée à la tour du silence de Cham
Arrivée à la tour du silence de Cham

Du haut de la tour, vue sur le cimetière moderne
Du haut de la tour, vue sur le cimetière moderne

La tour domine des bâtiments liés aux cérémonies funéraires
La tour domine des bâtiments liés aux cérémonies funéraires

Vue rapprochée des bâtiments cérémoniels
Vue rapprochée des bâtiments cérémoniels
Parmi eux se trouve certainement un petit (...)

Une tour à oculus
Une tour à oculus
Jusqu’en 1970, un feu, visible de loin, était (...)

La tour du silence, vue depuis la tour-phare
La tour du silence, vue depuis la tour-phare

Chez les zoroastriens

Le cyprès est un symbole très présent dans le monde zoroastrien

À l’issue de la conquête arabe, des communautés zoroastriennes ont subsisté en Iran. D’autres ont fui vers l’Inde du nord où leurs descendants constituent les Parsi, concentrés autour de Mumbai. Dans l’Iran d’aujourd’hui, le nombre des adeptes de cette religion est estimé à 40 000.

Le village de Cham, situé près de Yazd, compterait 70 habitants de religion zoroastrienne.

Notre hôtesse
Notre hôtesse

Le calendrier rappelle que la religion zoroastrienne date au moins de l’époque achéménide
Le calendrier rappelle que la religion zoroastrienne date au moins de l’époque achéménide
L’objet situé à sa droite est décoré d’un (...)

 Cet objet, analogue à celui de la photo précédente est plus grand et décoré d’une paire de cyprès.
Cet objet, analogue à celui de la photo précédente est plus grand et décoré d’une paire de cyprès.

Graines d’esfand
Graines d’esfand
L’esfand est une plante sacrée dont les graines (...)

Un faire-part de décès, affiché sur une maison, témoigne de la religion du défunt
Un faire-part de décès, affiché sur une maison, témoigne de la religion du défunt

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Article mis à jour le 23 mars 2016