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Naqsh-e Rajab

Reliefs rupestres sassanides près de Persépolis
28 juillet 2012, par Madeleine, Pascal
 

Le nom de Naqsh-e Rajab signifie Le tableau de Rajab. Les reliefs rupestres de Naqsh-e Rajab datent des débuts de l’époque sassanide.

Ils concernent deux souverains :

  • Ardashîr Ier, fondateur de la dynastie sassanide, qui régna de 224 à 241 de notre ère
  • Shâpûr Ier son fils qui régna de 241 à 272.

L’investiture d’Ardashîr Ier

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L’investiture d’Ardashîr Ier

Le roi, à gauche au centre de la scène, reçoit l’anneau du pouvoir de la main d’Ahura Mazda. Celui-ci tient dans sa main gauche le barsom, un faisceau de baguettes utilisé dans les cérémonies zoroastriennes. Ardashîr tient sa main gauche devant sa bouche, en signe de respect au dieu.

Le personnage portant une coiffure haute et un diadème qui se trouve derrière le roi est sans doute son fils Shâpûr : sa main droite, levée avec l’index recourbé en direction du roi, est signe de respect envers celui-ci.

Le personnage situé à l’arrière-plan a les mains engagées dans son caftan.

Entre le roi et le dieu se tiennent deux petits personnages : celui de gauche pourrait être Hormizd, petit-fils d’Ardashîr, et celui de droite, qui tient levé un objet en forme de masse, pourrait être une divinité, par exemple l’Héraklès iranien.

La parade de Shâpûr Ier

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La parade de Shâpûr Ier

Shâpûr Ier se tient sur son cheval. Sa tête a été martelée, mais on distingue clairement la couronne et le chignon ou corymbos.

Derrière le roi se tiennent des personnages qui portent des diadèmes et seraient les fils de Shâpûr ; parmi eux, le premier serait le prince héritier Hormizd.

Ce bas-relief est daté du début du long règne de Shâpûr, car aucun élément n’évoque sa victoire sur l’empereur romain Philippe l’Arabe en 244, contrairement à ce qu’on voit sur les reliefs de Tang-e Chowgan.

L’investiture de Shâpûr Ier

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L’investiture de Shâpûr Ier

Cette scène est une investiture à cheval : Shâpûr, à droite, reçoit l’anneau de pouvoir des mains d’’Ahura Mazda, à gauche, qui porte une couronne crénelée caractéristique.

Le dieu et le roi portent de longs rubans flottants et des pantalons à franges. Les chevaux sont richement ornés.

Les têtes du roi, du dieu et des chevaux ont été martelées.

Le prêtre Kartir

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Kartir, le mage des mages

Un petit relief représente le buste du grand prêtre Kartir, le mage des mages. Il est figuré de profil avec la main levée et l’index recourbé en signe de respect. C’est le seul personnage non royal figurant sur un bas-relief sassanide ; Kartir servit comme grand prêtre successivement sous Shâpûr Ier, Bahram Ier et Bahram II.

Une inscription en caractères pehlevi et langue moyen-persan détaille son ascension et explique comment il débarrassa la région des hérétiques, par le feu et l’épée.

Parmi les persécutés figuraient probablement Mani, fondateur du manichéisme, et ses fidèles, ainsi que les juifs et les chrétiens.

Le manichéisme est une religion syncrétique, incluant bouddhisme, zoroastrisme et christianisme, pour laquelle Shâpûr avait tout d’abord témoigné de l’intérêt. Mani fut donc autorisé par Shâpûr à prêcher dans le Moyen-Orient mais après la mort de Shâpûr, la réaction des prêtres zoroastriens conduisit à l’interdiction du manichéisme et Mani fut supplicié.

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Article mis à jour le 24 mars 2016